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Vivre comme un digital nomad à l’île Maurice

Dans cette île où les religions cohabitent paisiblement, et où les jours fériés sont partagés entre les quatre principales religions, il est possible de s’abstraire des tensions occidentales tout en ne renonçant pas à l’esprit d’entreprise…

Entrepreneurs qui gèrent leurs affaires de loin et créent de nouvelles entreprises sur place, quadras arrivés persuadés que « ici, tout est possible si on travaille », digital nomad qui profitent d’un nouveau visa et du faible décalage horaire pour suivre leurs clients en France, le profil des Français, Suisses, Belges et autres européens qui s’installent à l’île Maurice est en train de changer. Les Sud-Africains investissent aussi de plus en plus pour des raisons de sécurité. Bien sûr, les retraités, souvent golfeurs, sont toujours là, mais ils ne sont plus les seuls à mettre le cap sur l’océan indien.

L’île Maurice ? Vous l’avez sûrement envisagée comme un lieu où s’envoler pour dix jours de vacances, mais pas plus. Certains retraités français passent tout l’hiver dans cette île de 1,3 million d’habitants, on les rencontre, souvent accompagnés d’amis sur les plages, dans les restaurants et les supermarchés de la côte ouest.

Et il faut avouer qu’ils ont l’air de profiter de la douceur de la vie ! Tout comme les golfeurs qui s’en donnent à cœur joie sur les parcours du resort d’Anahita sur la côte est en face de l’île aux cerfs ou dans le domaine de Bel Ombre au sud face à une réserve naturelle qui a reçu la certification man & biosphère de l’Unesco.

Deux resorts haut de gamme dans une nature préservée. A l’île Maurice, l’espace ne manque pas ! Au Domaine de Bel ombre (2500 hectares), où sont implantées les villas Valriche Héritage (à partir de 1,3 million euros), on peut vraiment s’immerger en pleine nature et oublier le monde !

Paradis tropical. L’île Maurice est restée dans nos têtes l’image d’un paradis tropical pour retraités nantis. Elle l’est toujours, mais pas que. « Il y a un réel rajeunissement parmi nos clients. Avant, nous avions surtout des personnes proches de la retraite ou à la retraite qui recherchaient une résidence secondaire à l’île Maurice. Aujourd’hui, beaucoup s’installent ici pour travailler, certains qui ont des postes nécessitant des voyages internationaux se positionnent ici entre Afrique et Asie, d’autres travaillent comme digital nomad », explique Céline Vallée Lacoste, directrice de l’agence Zingraf à l’ile Maurice.

Le gouvernement propose d’ailleurs toute une série de visas pour s’installer et a simplifié l’accès à l’île. Le récent visa Premium Travel (renouvelable) permet par exemple aux étrangers de séjourner dans l’île un an, à condition de « produire une attestation des projets de long séjour et une assurance de voyage et médicale qui couvre la période du séjour ». Un impératif : « Ne pas intervenir sur le marché du travail mauricien ». Pas question de travailler sur place pour des clients locaux.

Autres options : le permis investisseur (résidence temporaire de dix ans pour qui investit 50 000 dollars dans une entreprise), ou encore le permis lié à un achat immobilier d’au moins 375 000 dollars (résidence permanente à condition que la source des revenus se trouve en dehors de l’île).

Dès 50 ans, il est même possible d’obtenir un permis de résidence « retraité » de dix ans en apportant la preuve de fonds minimum. Et peu importe que l’on soit retraité ou pas… à 50 ans, c’est difficile !

Attention, on parle ici de résidence seule, pas d’expatriation fiscale. Certains ont ainsi le statut de résident permanent à Maurice, mais restent fiscalisés en France.

D’autres ont liquidé leur immobilier en France et se sont exilés pour de bon. La fiscalité du pays est, il est vrai, nettement plus douce que la nôtre : ici, il n’y a ni IFI, ni impôt sur les plus-values, sur les dividendes, sur les successions. Les taux d’impôt sur le revenu plafonnent à 15 %, mieux « les revenus perçus par un retraité hors de l’île Maurice au cours de cinq dernières années sont exonérés de l’impôt sur le revenu », précise le site de l’EDB (Economic development board), l’efficace agence gouvernementale pour la promotion de l’île Maurice.

La convention fiscale franco-mauricienne et généreuse. Les plus-values réalisées sur une maison ou un appartement situé sur l’île ne seront en effet pas soumis à l’impôt sur les plus-values, même si le propriétaire est résident fiscal français. Seule une taxe minime sera payée sur place.

« Les investissements immobiliers sont en progression constante depuis l’ouverture du marché aux investisseurs étrangers. L’île est un carrefour d’affaires important à un fuseau horaire proche de l’Europe », constate Barnes qui considère les conditions actuelles « ultra propices » à l’investissement des étrangers ! Les étrangers peuvent par exemple désormais acquérir de l’immobilier commercial. Pour les investisseurs, la stabilité politique et fiscale, la main d’œuvre qualifiée sont des atouts de taille alors que les tensions en Afrique poussent parallèlement de plus en plus de fortunes du continent à voir l’île Maurice comme une base arrière.

« L’île Maurice veut devenir le Singapour de l’Afrique », résume Cyril Bougaux, le directeur de la communication du grand resort de l’est, Anahita. Ex-journaliste commentateur du golf sur les chaînes de Canal Plus, il s’est installé il y a cinq ans dans l’île. « Il m’arrive encore de temps en temps de faire des commentaires depuis l’île Maurice », raconte celui qui est comme un poisson dans l’eau dans sa nouvelle vie. Il a même appris le créole !

Avec 15 000 hectares, d’anciennes plantations sucrières, Alteo, la société mère d’Anahita, est le plus grand propriétaire privé de l’île. C’est une année charnière pour le groupe, en 2024 s’achèvera la commercialisation du programme immobilier d’Anahita commencée il y a dix huit ans et celle de Beau Champ débute (118 hectares). L’ancienne usine manufacturière désaffectée depuis 2012 va devenir un nouveau centre de vie, mi-résidentiel, mi-tertiaire avec une école, un cabinet médical, des commerces, un café, des restaurants, un club de sport, des locaux d’entreprises et des espaces de coworking.

Smart city, Beau Champ veut attirer des entreprises grâce à son positionnement original. L’espace permettra d’implanter 5 hectares de cultures, fruits, légumes, qui seront consommés sur place, mais aussi de réintroduire et de sauver des arbres endémiques. La préservation du patrimoine historique, l’allée de palmiers, les canaux, les bassins donnent au site un charme particulier. L’école devrait attirer des familles plus jeunes et le village davantage mixer acquéreurs étrangers et Mauriciens.

Les parcelles de terrains vierges sont toutefois réservées aux Mauriciens. Les étrangers peuvent investir dans des appartements (à partir de 475 000 euros pour un 2 chambres de 174 m²) et des villas à partir de 1,1 million d’euros lors de la première phase de ce projet de ville à la campagne. L’arrivée d’une autoroute dans la région, espérée dans quelques années, permettra de désenclaver l’est et de mettre le pôle de Grand Baie à 30 minutes de route.

Après les grands développements de resorts autour d’un hôtel avec des résidences secondaires haut de gamme pour étrangers, l’île Maurice est passée à une nouvelle phase de son développement immobilier qui passe notamment par des smart city. Il en existe plusieurs dans l’île, celle de Beau Champ en pleine nature avec un projet respectueux de l’environnement (pré certification well community) se différencie par sa vocation agricole.

Un nouveau visage de Maurice, plus actif, plus jeune est en train de se dessiner. Le pays devrait dépasser cette année le nombre de touristes pré Covid. Maurice ne sera jamais Dubaï, l’île paraît même aux antipodes de l’effervescence dubaïote : pas de plus-values éclair, peu de bling bling, mais des codes, une culture à déchiffrer quand même et auquel il faut s’adapter pour entreprendre ici.

J’ai rencontré plusieurs entrepreneurs Français durant mon passage sur l’île. Ils ont changé de vie et ont trouvé leur bonheur à l’île Maurice en multipliant les initiatives !

« A 35 ans, si on n’aime ni la mer, ni le golf et si on ne travaille pas, c’est vrai on peut ne pas se plaire ici, mais sinon… », lance Rémy Mabillon, fondateur de Necker Finance et du RM Club, entrepreneur hyperactif, qui a gardé sa société de gestion de patrimoine à Genève, en a créé une sur l’île, ouvert plusieurs clubs de sport haut de gamme, investi dans la promotion immobilière, restaurants, locations touristiques. L’homme est un des meilleurs ambassadeurs de l’entrepreneuriat à Maurice, il participe d’ailleurs régulièrement à des road show en Europe à la demande de groupes immobiliers ou du gouvernement.

« En arrivant, je n’imaginais pas faire tout ça ! C’est l’opportunité des rencontres. La vie personnelle est agréable, et professionnellement tout est fait pour encourager les initiatives, pour faciliter les investissements étrangers. Si on investit dans une smart city, on ne paie par exemple pas de TVA pendant 6 ans ».

Fabrice et Emilie Hénault, eux aussi, sont bien décidés à rester sur l’île. « Nous sommes venus en 2016 en vacances, on a tout aimé, le cadre, l’esprit de tolérance. Ici, le stress n’existe pas. Nous nous sommes installés il y a trois ans et ne retournerons pas en France. Les gens n’imaginent pas qu’on peut vivre chaque week-end comme des vacances et puis le décalage horaire fait qu’on est toujours en avance sur la France », explique ce passionné de sport et de golf. Son épouse, Emilie, se lance dans la mode, en créant sa marque Byemilie. Lui, a créé dans l’île un call center, des écoles de formation, fait des opérations de marchand de bien.

A l’approche de ses 55 ans, il est décidé à se retirer des affaires dans deux ans pour se consacrer à sa passion, le golf en tant que… coach mental. Un coaching qui a l’air payant et qui lui vaut son surnom « terminator » inscrit sur son polo ! Le champion français, Matthieu Pavon, qu’il coache mentalement, est devenu fin janvier le premier français à s’imposer sur le PGA Tour depuis 1907, en remportant un tournoi en Californie.

Son conseil ? « Ne jamais oublier qu’on n’est pas chez nous, il faut respecter les gens ». Pour s’adapter ici, il faut notamment savoir que le temps n’est pas le même qu’en Europe…

Source – Article issu du site Lopinion

Maurice veut sa part du marché mondial du luxe

’Economic Development Board (EDB) souhaite positionner Maurice comme une destination de choix pour les produits très haut de gamme. En ligne de mire les Européens principalement, alors que parallèlement une clientèle locale fortunée est en train d’émerger.

La consommation des grandes marques de luxe, dans le monde, est principalement dominée par les pays européens, représentant environ 80 % du marché mondial. L’industrie du luxe connaît une croissance impressionnante en Europe. La base de consommateurs devrait passer de 400 millions actuellement à 500 millions en 2030. C’est pour cette raison que l’Economic Development Board (EDB), l’agence de promotion des investissements à Maurice, a décidé de se concentrer sur ce segment du haut de gamme afin de conquérir une part d’un marché en évolution. Pour l’EDB, il y a un argument qui reste incontournable : le secteur du luxe offre une plus grande marge de profit. Et il s’appuie sur une étude financée par l’Union européenne qui identifie les secteurs de l’économie mauricienne ayant un fort potentiel à développer des produits de luxe. Cette étude a analysé les performances des entreprises locales ayant la capacité requise pour migrer vers le haut de gamme. Il s’agira, pour l’État mauricien, de les accompagner et de les guider afin qu’elles puissent se développer pour servir le marché du haut de gamme et du luxe, dont les exigences sont grandes. Les secteurs identifiés sont ceux de la bijouterie, de la maroquinerie, de la production de rhum, de la fabrication de costumes de luxe et de produits en cashmere.

L’industrie mauricienne produit déjà pour une variété de marques et enseignes internationales, telles que Levis, Calvin Klein, Puma, Marks & Spencer, Guess, Diesel, Tommy Hilfiger, Woolworths, Orchestra, Cerruti… De plus, les rhums mauriciens comme Chamarel, New Grove Bourbon, Oaks & Ames, Lazy Dodo, Saint-Aubin et Bougainville sont très appréciés et ont reçu de nombreuses distinctions internationales, notamment lors du dernier Concours mondial de Bruxelles (2023), dans 13 catégories différentes.

Maurice abrite aussi des groupes hôteliers internationaux et locaux qui font partie du très select consortium The Leading Hotels of the World, rassemblant 375 hôtels de luxe dans 75 pays. Ces établissements de très grand standing, tels que le Prince Maurice, le Royal Palm, ou encore le Shangri-La Le Touessrock, le Maradiva et le Saint Géran, proposent des services et des prestations valant largement ceux proposés par certains palaces à Londres, Paris ou New York.

Des montres proposées par Adamas à partir de 7 000 dollars. ©Droits réservés

L’apport des touristes

Le tourisme est le moteur de la vente de produits de luxe à Maurice. « Le tourisme permet d’avoir une plus grande capacité de dépense ainsi que des achats réguliers », intervient Sebastian Denton, CEO d’Adamas, société spécialisée dans la bijouterie et la commercialisation de marques de luxe. En proportion, 85 % des ventes se font avec les touristes et 15 % avec la clientèle locale (Mauriciens et expatriés). Son entreprise, installée à Floréal depuis les années 1980, a d’abord fait de la vente hors-taxe pour les touristes car, à l’époque, les Mauriciens n’avaient pas accès à ce type de prestation. Avec l’évolution de la réglementation en 2007, la clientèle locale a été autorisée à acheter des produits hors-taxe et les revendeurs de produits de luxe ont pu bénéficier de ce changement. « Aujourd’hui nous avons plusieurs points de vente à travers l’île », précise le CEO d’Adamas.

L’immobilier en pointe

Avec plus de 54 % des investissements directs étrangers et plus de 100 milliards de roupies (environ 2,2 milliards d’euros) investis depuis 2005, l’immobilier est lui aussi un formidable réservoir de clientèle pour le segment du luxe. La contribution à l’économie d’un titulaire d’un permis de résidence équivaut à environ 15,5 touristes standards ayant des dépenses moyennes de 46 500 roupies (environ 1 000 euros). Cette clientèle est majoritairement française et sud-africaine, mais aussi britannique, suisse et allemande.

Outre le pouvoir d’achat de ces ultra-riches, celui de certains Mauriciens et résidents a fortement augmenté. Selon l’African Wealth Report 2022, on compte 4 800 millionnaires (en dollars) à Maurice. Ils étaient déjà 3 800 en 2016. Cette tendance devrait donc s’accélérer dans les prochaines années, avec un taux de croissance de la richesse estimée à plus de 60 %, d’ici à 2031… « La clientèle locale est plus riche qu’avant et depuis la crise de la covid elle s’est intéressée de plus près aux produits de luxe fabriqués localement », confirme Sebastian Denton.

Sebastian Denton, CEO d’Adamas : « C’est grâce à l’hôtellerie que Maurice peut se targuer d’être un hub du luxe. » Photo : Davidsen Arnachellum

Du whisky à 8 000 euros la bouteille

Dans le secteur de l’automobile, si le nombre de véhicules neufs vendus a augmenté de façon exponentielle ces dernières années, le segment premium se taille désormais plus de 10 % des parts. Et la marque qui représente le mieux cette croissance est Porsche. L’emblématique constructeur allemand, l’un des plus appréciés sur le segment du luxe automobile à Maurice, enregistre une progression de 30 % de ses ventes en 2023. « La tendance sur le marché mauricien se porte vers l’électro-mobilité et le développement durable. La stratégie Porsche est d’électrifier 80 % de ses modèles d’ici 2030, ce qui nous permettra de mieux répondre aux attentes du marché », précise Brian Dugole, adjoint au directeur du marketing chez Porsche.

Au plan local, il y a donc une clientèle de plus en plus friande de produits et prestations de luxe et cela se répercute aussi dans le domaine de la gastronomie et des événements. La maison Oxenham représente et distribue des vins et spiritueux de toutes les catégories et, dans le haut de gamme, elle peut proposer des marques de whisky qui se vendent à 375 000 roupies (environ 8 000 euros) la bouteille d’un litre. Oxenham s’est spécialisé dans l’organisation de soirées à thèmes très sélectes, baptisées Perfect Experience.

« Le Prince Maurice » du groupe Constance, l’un des hôtels emblématiques du grand luxe. ©Droits réservés

Ces soirées de dégustation et de networking, qui ont lieu dans des hôtels de luxe ou dans des restaurants haut de gamme, visent une clientèle fortunée, formée de Mauriciens et d’expatriés. On y consomme de grandes marques de vins, spiritueux et les mets les plus fins. Et la clientèle en redemande puisque cette « expérience parfaite » se renouvelle quatre ou cinq fois par an.

Oxenham organise aussi de grands mariages qui s’étalent sur une semaine entière et qui donnent lieu à un festival gastronomique. « Nous créons des cocktails spécialement pour l’occasion et qui restent une exclusivité », indique Sharon Aubeeluck, coordinatrice marketing chez Oxenham. Elle précise, sans mentionner le tarif : « chaque client a son propre budget… »

La marque Porsche fait toujours rêver. Son représentant à Maurice, le groupe ABC, annonce une centaine de ventes en 2023. ©Ignace de Witte/L’Éco austral

Un marché encore embryonnaire

Pour l’EDB, les graines pour le développement du segment du luxe sont donc en train d’être semées. Il faut à présent créer un écosystème approprié pour lui permettre d’évoluer et de prendre de l’ampleur. Car, pour l’instant, c’est le tourisme qui entretient le marché du luxe. « C’est grâce à l’hôtellerie que Maurice peut se targuer d’être un hub du luxe », affirme Sebastian Denton. Maurice ne peut pas encore se comparer à des destinations comme St Barthélémy, proche des États-Unis, Monaco, au cœur de l’Europe, ou Hong-Kong, aux portes de la Chine.

La proximité des grands marchés ayant un fort pouvoir d’achat est, en effet, l’un des facteurs de base qui favorise le développement d’une destination de luxe car elle apporte la masse critique nécessaire à sa croissance, selon Sebastian Denton. De plus, pour qu’une grande marque de luxe s’installe dans une destination, il y a des conditions à respecter, avec tout d’abord la certitude d’avoir une boutique mono marque pour la commercialisation de ses produits, mais aussi le bon partenaire et une boutique située dans un « bon voisinage ». Il faut aussi qu’il y ait au sein de la population un nombre minimum de riches, donc une masse critique. Et des milliardaires, en dollars… Pour Maurice, ce dernier objectif n’est visiblement pas encore atteint. « On pourrait peut-être l’atteindre avec le nombre grandissant d’expatriés », risque Sebastian Denton…

L’imposante baignoire d’une suite de l’ex-St Regis, hôtel de grand luxe situé au Morne. ©Droits réservés

En attendant, une boutique mono marque Mont Blanc, représentée par Adamas, vient d’ouvrir ses portes au Caudan Waterfront, dans un « bon voisinage » qui ne fait pas de « tort » à son image. Il aura fallu du temps pour que cette marque de grande renommée se décide. Cette initiative va-t-elle déclencher un effet boule de neige chez les autres membres du club très sélect du grand luxe ? « On va y arriver, mais pas aussi vite », tempère le CEO d’Adamas.

On y est presque serait-on tenté de dire… Maurice a déjà coché plusieurs cases qui font d’elle une belle destination où la qualité de vie est élevée, avec un hébergement de haut standing, un savoir-faire et des services haut de gamme, où les dernières technologies sont présentes. Immobilier, hôtellerie, vins et spiritueux, automobile… Les prestations de luxe et les produits de qualité qui les accompagnent sont là, bien implantés, enregistrant des marges de progression importantes dans les ventes locales, et jouissant d’une notoriété qui va grandissante. Il n’en demeure pas moins qu’il y a encore un bout de chemin à parcourir pour que Maurice devienne le havre du gotha mondial des marques de luxe…

Un whisky de 30 ans issu d’une des plus vieilles distilleries d’Écosse, représentée à Maurice par Oxenham. ©Droits réservés

Le « Black Luxury » ou l’émergence de nouveaux consommateurs : Thomas Mondo, fondateur de l’agence en stratégie Bel-Ami, un des meilleurs spécialistes francophones du marketing du luxe, soulignait dans un entretien accordé à L’Éco austral en avril 2022 l’émergence de nouveaux consommateurs, ce qu’il appelait le « Black Luxury ». En effet, le luxe n’est que le reflet du basculement mondial du pouvoir d’achat, de l’émergence d’une nouvelle génération de consommateurs non occidentaux souvent à forte capacité financière. Nous avons tous en tête cette image de clients chinois faisant la queue devant une célèbre marque de maroquinerie française sur les Champs-Élysées. Ces « nouveaux » clients sont  incontournables car ils pèsent  beaucoup plus budgétairement que le Parisien ou le Milanais, adepte des soldes et des ventes privées. Et avec la digitalisation, ces clients n’ont plus besoin de venir physiquement. Surtout, ils ont imposé leurs demandes spécifiques. Les marques ont intégré ces changements et ont parfois repensé leur propre ADN. L’exemple le plus spectaculaire est la maison  de joaillerie américaine Tiffany & Co, symbole presque ultime du style BCBG des WASP (White Anglo-Saxon Protestants) de la côte est des États-Unis, qui a choisi comme égérie la chanteuse américaine métisse Beyoncé.

Le gotha du luxe : Les marques de grande renommée se singularisent grâce à la qualité de leurs produits, l’originalité de leur design, la force de leur communication et leurs prix à couper le souffle. Parmi les marques de luxe les plus populaires en 2023 on peut citer Gucci, Louis Vuitton, Chanel, Rolex, Dior, Balenciaga, Armani, Yves Saint Laurent, Tiffany, Burberry, Hermès, Cartier, Prada, Fendi et Lancôme.

Chaîne d’approvisionnement régionale : Pour l’Economic Development Board (EDB), l’une des initiatives qui pourrait profiter à l’émergence d’une industrie du luxe serait le développement d’une chaîne d’approvisionnement régionale avec la participation des îles de l’océan Indien. Dans ce schéma, on retrouve Madagascar à la source, avec sa production de pierres précieuses, par exemple, puis Maurice avec son savoir-faire pour la transformation en produits haut de gamme tels que les bijoux et enfin La Réunion pour la commercialisation et la distribution des produits sur le marché européen…

Source – l’Eco Austral

L’EDB courtise les retraités français

L’Economic Development Board (EDB) a organisé le 16 novembre, à l’hôtel Warwick, dans le 8ème arrondissement de Paris, une soirée d’information, suivie d’un cocktail dînatoire, qui s’adressait en priorité aux retraités ou futur retraités français. Au programme, la présentation de l’île Maurice, les avantages pour les Français à s’y expatrier, les opportunités d’investissement et d’acquisition de biens immobiliers, les nouvelles modalités pour obtenir un permis de résidence pour les retraités, valable 10 ans et renouvelable. Le tout suivi de témoignages de personnes ayant choisi Maurice pour leur retraite et d’une séance de questions-réponses.

Ce marché des retraités, qui fait partie de ce qu’on appelle la silver économie, est très disputé. Paul Delahoutre, lui-même retraité, a fondé il y a un peu plus de 10 ans « Retraite sans Frontières » qui aide et conseille les retraités francophones envisageant de prendre leur retraite à l’étranger. Il publie une newsletter hebdomadaire sur son site internet ainsi que des guides, et il réalise chaque année un classement des meilleurs pays pour passer sa retraite. Ce Palmarès se base sur différents critères : le climat, le coût de la vie, la fiscalité, le prix de l’immobilier, le système de santé et la sécurité. Dans le classement 2023, le Portugal a perdu sa première place au profit de la Grèce et Maurice occupe une honorable septième place. Parmi ses avantages : sa stabilité, des habitants francophones, un climat agréable et de belles plages. Quant aux inconvénients, c’est surtout un coût de la vie jugé « extrêmement élevé », l’éloignement, et donc le coût du billet d’avion pour aller voir sa famille.

Source – L’Eco Austral

Île Maurice : douceur de vivre et diversification économique

Au cœur de l’océan Indien, entre l’Afrique et l’Asie, l’île Maurice est réputée pour ses paysages somptueux et sa diversité ethnique et culturelle, conséquence de son histoire grandement marquée par les colonisations. Après avoir longtemps vécu de l’exploitation de la canne à sucre puis misé essentiellement sur l’expansion du tourisme de luxe pour se développer, l’île investit vers d’autres secteurs porteurs.

Publié il y a 6 mois 

le 15 mai 2023

Par Corinne Bras

L’île Maurice fait partie de l’archipel des Mascareignes qui regroupe Maurice, la Réunion et Rodrigues. Dix districts la constituent. Neuf d’entre eux se situent sur l’île, le dixième étant Rodrigues qui bénéficie aujourd’hui d’un statut autonome. Bordée par 330 km de littoral, Maurice bénéficie d’un climat subtropical avec des températures plus élevées durant la saison humide, de novembre à avril. Port-Louis, sa capitale, est la ville la plus peuplée et abrite le siège du gouvernement. La pays fait partie des 54 États membres du Commonwealth et est aussi membre de la Commission de l’océan Indien (COI) qui a pour but de défendre les intérêts des îles, leurs spécificités économiques, sociales, géographiques et biologiques.

Emplacement stratégique et passé douloureux

Les Hollandais furent les premiers à saisir les profits à tirer de la position géostratégique de l’île, sur la route des Indes, et des richesses de sa faune et de sa flore. Ils la baptisèrent Mauritius mais l’abandonnèrent en 1710 avant que les colons français ne s’y installent en 1715 en exploitant pendant plusieurs décennies des esclaves africains dans les plantations de canne à sucre. On trouve encore de nombreuses traces de la colonisation française, notamment à Port-Louis. Au terme d’une lutte acharnée entre la France et le royaume anglais, ce dernier récupéra l’île en 1874.

Afin de compenser le manque de main-d’œuvre à la suite de l’abolition de l’esclavage en 1835, on fit appel à des « travailleurs engagés », entraînant l’immigration de plus de 200 000 Indiens et Chinois. C’est ainsi que l’île Maurice est devenue une terre de grand métissage avec une population issue d’horizons très différents. Ce n’est qu’en 1968 que l’île prit son indépendance. Devenue une république en 1992, sa Constitution est basée sur le modèle britannique. La langue officielle est l’anglais, utilisée au sein du Parlement, des tribunaux, de l’administration et dans l’enseignement secondaire et universitaire. Toutefois, le français et le créole sont des langues couramment parlées par les Mauriciens. Parmi les langues présentes sur le territoire, on peut aussi relever l’importance de l’hindi et du chinois. Le christianisme, l’hindouisme et l’islam sont les trois religions principales.

Investissements étrangers bienvenus

Maurice, souvent citée comme modèle de réussite en Afrique, a dans un passé récent démontré ses capacités de résilience dans le domaine économique : au milieu des années 2000, elle a su par exemple rebondir après la chute de 36% des prix du sucre à l’export, avec pour conséquence une augmentation de près de 10% du chômage. Son économie s’est aujourd’hui largement diversifiée. C’est le cas dans le domaine des services financiers (qui représentaient à eux seuls la moitié du PIB en 2017), de l’ensemble des activités industrielles (15%) ou encore du tourisme de luxe (7%). Maurice a aussi investi dans le médical de haut niveau et plus globalement les nouvelles technologies. Les produits de la mer, la culture sucrière et le textile sont d’autres secteurs qui abondent traditionnellement l’économie mauricienne. L’exploration pétrolière dans la Zone économique exclusive (ZEE) de l’île pourrait également receler une importante manne de richesse, ne serait-ce que, dans un premier temps, pour répondre aux besoins locaux, le pétrole constituant à ce jour la plus lourde charge d’importation de l’île. Pour autant, ces travaux de prospection de devraient pas rendre leur verdict avant plusieurs années.

Plus largement, le pays fonde également ses perspectives de développement économique dans l’accueil des investissements étrangers, attirés par une attractivité fiscale, le faible coût de la main-d’œuvre locale et un environnement politique qui offre des gages de stabilité. Toujours prête à accueillir de nouvelles implantations, l’île Maurice affiche clairement son ambition et sa volonté de modernité. En témoigne la création dans les années 2000, d’une cybercité à Ebène, dans « le triangle d’or », à une dizaine de kilomètres de Port-Louis sur d’anciens champs de canne à sucre. Une immense technopole faisant penser au quartier de la Défense et qui regroupe, outre sa fameuse tour, un centre d’affaires, un centre commercial, des activités récréatives, des banques, un centre de formation et d’éducation en ligne. On y trouve aussi un pôle administratif, des hôtels d’affaires ainsi qu’un cybervillage à destination des cadres et personnels techniques des entreprises. Plusieurs milliers de personnes y travaillent déjà, un grand nombre d’entre elles dans des centres d’appels.

Des infrastructures en devenir

Mis à part à Port-Louis et les côtes où se trouvent les grandes infrastructures hôtelières, l’île pâtit d’une urbanisation de faible niveau et d’un retard dans la gestion de son réseau routier en dépit d’un trafic assez dense. Certains circuits administratifs gagneraient également à être modernisés, pénalisés par une faible centralisation des données. À noter également, l’île Maurice attire depuis quelques années de nombreux expatriés qui peuvent travailler à distance, de façon dématérialisée. Cet univers digital regroupe, entre autres profils, des professionnels du marketing, de l’e-commerce, du conseil, mais aussi des créateurs de contenus pour les réseaux sociaux, dont les influenceurs aujourd’hui tant en vogue…

Sans surprise, le coût des logements et de l’alimentation est moindre lorsqu’on s’éloigne du littoral. Le rythme de vie, du fait de son climat, de l’état d’esprit insulaire et du niveau de sécurité, inspire une forme de tranquillité. Il est par ailleurs impossible de ne pas évoquer la gentillesse et l’hospitalité du peuple mauricien comme atouts majeurs de l’île. Pour bénéficier des mêmes garanties qu’en France, il faut néanmoins prévoir de débourser des frais supplémentaires. C’est bien sûr le cas en termes de protection santé, l’adhésion à la Caisse des Français à l’étranger (CFE) étant vivement recommandée. Les frais de scolarité pour les enfants sont aussi à prendre en compte, les écoles privées étant la seule option possible pour les expatriés, avec des coûts qui peuvent s’élever à plusieurs milliers d’euros par an. 

Les secteurs qui recrutent

Maurice ne disposant et ne formant pas encore suffisamment d’ingénieurs informaticiens pour répondre à des besoins croissants, les compétences sont particulièrement bienvenues dans ce secteur. Dans ce vaste environnement numérique, les métiers les plus recherchés concernent ceux de la cybersécurité, du développement de logiciels, de la création et de rédaction de contenu, de la conception web, de la communication et du marketing numérique. L’île déplore aussi un manque de professionnels dans les domaines suivants : l’industrie agroalimentaire, l’industrie créative, l’éducation, les services financiers, la logistique, la santé, les sciences de la vie, l’industrie manufacturière, l’économie marine, l’immobilier, l’hôtellerie, et les énergies renouvelables.

Par ailleurs, il convient de rappeler que la Chambre de commerce France-Maurice (CCIFM) reste le partenaire incontournable pour tout projet d’emploi, d’entrepreneuriat et/ou d’investissement. Elle a pour mission d’aider les entreprises à s’implanter sur l’île en leur proposant des services d’appui, comme des études de marché, et de mise en relation avec des membres et des experts.

>> Repères

Capitale : Port-Louis

Superficie : 1 865 km2 

Population (2022) : 1.262.523 hab. (dont 73% francophones)

Présence ressortissants français (2022) : 10 254 inscrits consulaires

Monnaie : roupie mauricienne (MUR). 1 MUR = 0,21 €

Source – Français à l’étranger

Les dispositifs pour l’accès des étrangers à la propriété

epuis 2005 et le lancement de l’Integrated Resort Scheme (IRS), les portes s’ouvrent davantage aux étrangers pour l’acquisition d’immobilier à Maurice. Et ce segment de marché ne se limite plus aux villas de luxe. Voici les différents dispositifs proposés…

Integrated Resort Scheme (IRS) et Real Estate Scheme (RES)

L’IRS est le premier dispositif proposé dès 2005 et axé sur le haut de gamme. Avec ces dispositifs, un étranger et les personnes à charge sont éligibles à un permis de séjour dans le cadre des régimes IRS, RES et PDS lorsqu’il a investi un montant minimum de 375 000 dollars (310 750 euros). Les propriétaires peuvent louer la propriété et devenir résidents fiscaux à Maurice. Il n’y a aucune restriction sur le rapatriement des fonds ou des revenus provenant de la vente ou de la location de la propriété.

Les non-ressortissants qui ont un permis de résidence sous IRS/RES seront exemptés de permis d’occupation ou de travail pour investir et travailler à Maurice.

Invest Hotel Scheme (IHS)

Lancé en 2009, ce programme est un mécanisme de financement alternatif permettant aux nouveaux promoteurs hôteliers et aux sociétés hôtelières existantes de vendre des chambres d’hôtel pour financer la construction de nouveaux hôtels ou la rénovation, la reconstruction, la modification ou la modernisation d’hôtels existants. Ce programme permet aux investisseurs de profiter de toutes les installations d’un hôtel. Le propriétaire de l’unité ou toute personne en son nom peut utiliser cette unité pendant un total de 45 jours sur une période de 12 mois.

Property Development Scheme (PDS)

Issu de la fusion en 2015 des IRS et RES, le Property Development Scheme (PDS) permet à un étranger d’obtenir un permis de résidence s’il investit plus de 375 000 dollars (310 750 euros) dans l’achat d’un bien immobilier et aussi longtemps qu’il détient la propriété résidentielle. Cela lui permet de travailler à Maurice. Son conjoint et les enfants de moins de 24 ans reçoivent également un permis de séjour.

R+2

Lancé en 2016, le « R+2 » permet à un étranger d’acheter un ou plusieurs appartements dans un immeuble en copropriété d’au moins deux étages. Le montant de l’acquisition doit être au minimum de 6 millions de roupies (environ 120 000 euros). Si le montant atteint 375 000 dollars (310 750 euros), il donne droit au permis de séjour, valable aussi longtemps que l’étranger reste propriétaire du bien.

La smart city de Moka, dans le centre de l’île, développée par le groupe ENL. ©Droits réservés

Smart City Scheme (SCS)

Lancé en 2015, ce programme de développement immobilier intègre des bureaux, des espaces résidentiels, commerciaux, éducatifs et médicaux ainsi qu’un volet loisirs. Dans ce cadre, les promoteurs bénéficient d’une exonération de la TVA sur les intrants, les biens d’équipements, les installations et les machines, d’une allocation annuelle représentant 50 % des dépenses en capital pour des équipements économes en énergie et des technologies vertes, d’un congé fiscal de 8 ans et de la possibilité de vendre les biens immobiliers à des étrangers.

Depuis le Budget 2020, les détenteurs d’un permis de résidence (OP ou PR) peuvent acquérir – à des fins résidentielles uniquement une parcelle de terrain viabilisée d’une superficie ne dépassant pas 2 100 m² au sein d’une smart city. Cet amendement fait du SCS l’un des très rares programmes permettant aux étrangers de pouvoir acquérir des terres à des fins résidentielles. La construction doit être achevée sous les 5 ans. Il faut noter aussi que les étrangers n’ont accès qu’à 25 % des terrains résidentiels des smart City.

La gestion locative : L’une des solutions pour valoriser son produit immobilier est de passer par la gestion locative. Même si les prix des loyers ont tendance à se tasser, en particulier avec la crise post covid-19, le rendement reste encore honnête, du moins dans les zones où se concentrent les expatriés, notamment dans la région de Grand Baie, au nord, et de Tamarin dans l’ouest, sans oublier des quartiers résidentiels des Plaines Wilhems (centre de l’île). Les revenus locatifs sont taxés comme tous les revenus à 15 %.

Source – Eco Austral

L’avantageuse convention fiscale franco-mauricienne

Si les Français (dont les Réunionnais) restent les premiers étrangers acheteurs d’immobilier à Maurice, l’avantageuse convention fiscale en vigueur entre les deux pays y est sans doute pour quelque chose.

Premier avantage : de même qu’il échappait à l’Impôt sur la fortune (ISF) avant sa suppression, le bien mauricien d’un résident fiscal en France échappe logiquement à l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI). Pour la plupart des fiscalistes, il est clair que l’Impôt sur la Fortune (ISF) étant devenu le 1er janvier 2018 l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI), cela ne change rien à l’application de la convention fiscale et plus précisément de son article 23 : « La fortune constituée par des biens immobiliers visés à l’article 6, que possède un résident d’un État et qui sont situés dans l’autre État est imposable dans cet autre État. » Ainsi, les biens immobiliers détenus à l’île Maurice par des résidents fiscaux français sont situés hors du champ d’application de l’IFI.

Deuxième avantage, avec l’article 6 : « Les revenus qu’un résident d’un État tire des biens immobiliers (y compris les revenus des exploitations agricoles ou forestières) situés dans l’autre État sont imposables dans cet autre État. » Ainsi, les revenus tirés de la location de biens immobiliers situés à Maurice sont imposables à l’île Maurice. À hauteur de 15 % selon le taux actuel. Un sacré avantage pour les gros contribuables français qui subissent un barème progressif pouvant atteindre des sommets.

Troisième avantage, qu’on trouve exposé dans l’article 13 de la convention : « Les gains qu’un résident d’un État tire de l’aliénation des biens immobiliers visés à l’article 6 et situés dans l’autre État sont imposables dans cet autre État. » Dans la mesure où l’État Mauricien ne taxe pas les plus-values immobilières, les plus-values qui seront réalisées à l’occasion de la revente de biens immobiliers à Maurice ne seront pas taxées. Il faut néanmoins préciser qu’il est appliqué une taxe forfaitaire de 5 % sur le prix de la revente ou, dans le cas du dispositif Integrated Resort Scheme (IRS), un montant forfaitaire de 50 000 dollars (42 500 euros). Mais il s’agit là de biens de très haut de gamme.

Quatrième avantage (sous réserve) : Le droit mauricien ne prévoit pas l’application de droits de succession, un avantage seulement si les propriétaires sont résidents fiscaux, ainsi que leurs héritiers, à Maurice ou dans un autre pays non soumis aux droits de succession, ce qui ne manque pas, y compris dans l’Union européenne (par exemple le Portugal). En effet, la convention franco-mauricienne demeure silencieuse sur les successions. En conséquence, les résidents français seront soumis aux droits de succession français. Une précision importante qui n’est pas toujours indiquée par les commerciaux. Que ce soit sciemment ou par ignorance, cela peut réserver une mauvaise surprise lors d’une succession.

Cinquième avantage, l’absence de taxes foncières et d’habitation dans ce qu’on appelle les villages, qui comprennent les zones balnéaires. Si les villes sont soumises à taxe, le montant demeure très modeste.

Source – L’éco austral

Actu de la semaine : Maurice réduit son empreinte carbone

Cette semaine à Maurice, bonne nouvelle pour l’environnement ! L’empreinte carbone du pays a considérablement réduit d’après un discours du ministre de l’Environnement. De plus, la roupie mauricienne gagne en valeur grâce à la politique monétaire de la Banque de Maurice, tandis que de récents chiffres prometteurs sur le secteur du tourisme sont annoncés.  

Maurice réduit son empreinte carbone

Maurice a réalisé d’énormes progrès dans la réduction de son empreinte carbone, passant de huit tonnes en 2013 à seulement 1,81 tonne l’année dernière. C’est ce qu’à exprimé le ministre de l’Environnement, Kavy Ramano ce lundi lors d’un événement lié au World Ozone Day à la mairie de Port-Louis. 

Le ministre a exprimé sa gratitude envers le secteur privé, les ONG et la société civile pour leurs efforts qui ont permis au gouvernement de réaliser cet objectif de réduction des émissions de carbone, et a également rappelé l’importance du Protocole de Montréal, initié en 1987 en réponse à la découverte du trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique en 1985.

La BoM renforce la valeur de la roupie mauricienne 

La Banque de Maurice maintient sa politique de renforcement de la valeur de la roupie, avec une nouvelle intervention sur le marché des changes le mercredi 27 septembre. Au total, pour le mois de septembre, la Banque de Maurice a déjà injecté 100 millions de dollars sur le marché intérieur des changes. Les deux premières interventions de ce mois-ci, soit 25 millions de dollars le 6 et le 13 septembre, se sont faites respectivement à des taux de Rs 45,15 et de Rs 44,80 par dollar. Peu après, ce mercredi 27 septembre, elle est intervenue une nouvelle fois sur le marché intérieur des changes. Cette intervention s’est soldée par la vente de 25 millions de dollars par la Banque centrale, à un taux de Rs 44,50 par dollar.

Avant cette action, dans son « Morning Briefing », Swan Securities avait noté une légère augmentation de 0,07 % du taux de change dollar/roupie, le portant à Rs 45,18. Cependant, par rapport à la précédente intervention de la Banque de Maurice sur le marché des changes le 21 septembre, où le même montant de 25 millions de dollars avait été vendu, la roupie mauricienne avait gagné 15 sous, mais à un taux de Rs 44,65.

2 millions de touristes atteints en deux ans

Le territoire mauricien a accueilli un total de 2 millions de touristes au cours des deux dernières années depuis la réouverture de ses frontières post-COVID. C’est ce qu’a affirmé le ministre du Tourisme, Steven Obeegadoo vendredi dernier face à la presse à l’Hôtel Labourdonnais Waterfront, alors qu’il faisait le point sur l’industrie touristique. Cette progression encourageante est accueillie avec enthousiasme par les acteurs de l’industrie touristique, qui constatent une nette reprise des chiffres en 2023, avec déjà plus de 900 000 arrivées au cours des 9 derniers mois. Aujourd’hui, l’industrie touristique demeure un pilier essentiel de l’économie mauricienne, représentant environ 55 % de son expansion économique.

Source – Expat.com

MÉDICAL : LA SBM PROPOSE UN PRÊT SANS INTÉRÊT

La SBM Bank (Mauritius) Ltd a lancé mi-janvier le Zero Interest Medical Loan Scheme : un plan de financement sans intérêt, conçu en collaboration avec le ministère de la Santé et en partenariat avec plusieurs cliniques privées. Si le système de santé public est gratuit, les soins dans les cliniques peuvent s’avérer onéreux. Ce prêt sans intérêt vise à les aider à se soigner dans le privé grâce une nouvelle solution de financement dédiée.

Le « Zero Interest Medical Loan Scheme » propose des prêts de 50 000 à 1 million de roupies (environ 1000 à 20 400 euros) pour des traitements médicaux auprès des cliniques partenaires, à Maurice. Le financement couvre jusqu’à 100 % du coût du ou des traitements. La période de remboursement maximale est de sept ans, comprenant un moratoire facultatif d’une année. Le plan est exonéré des frais de dossier.

« Ce plan s’adresse à tout citoyen mauricien ayant résidé sur le territoire de la République de Maurice depuis au moins six mois avant le traitement, sauf s’il s’est absenté du pays pour un traitement médical, des vacances, des affaires ou des études. De plus, le revenu mensuel brut total de l’emprunteur (les deux époux conjointement, ou parent seul) ne doit pas dépasser 200 000 roupies (approximativement 4 000 euros – Ndlr) », avance le communiqué de presse de la SBM.

Source – Le journal de l’archipel

Investir en Afrique : décryptage des secteurs porteurs et des défis

tissement en Afrique. Le continent et ses richesses naturelles attirent toujours autant les investisseurs étrangers. Mais face au changement climatique, impossible de déconnecter les projets d’investissement des enjeux environnementaux.

Net recul des investissements en Afrique

2022 est marquée par un recul des investissements observé à l’international. Recul également observé en Afrique, avec 80 milliards d’investissements directs étrangers (IDE) en 2021 pour seulement 45 milliards en 2022. D’après le rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l’Égypte, l’Afrique du Sud et l’Éthiopie sont les 3 pays du continent à avoir reçu le plus d’investissements directs étrangers (IDE). L’Égypte arrive en tête avec 11 milliards de dollars d’IDE. L’Afrique du Sud obtient la 2e place (9 milliards d’IDE), devant l’Éthiopie (3,7 milliards d’IDE). Le Sénégal est 4e avec 2,6 milliards d’IDE. Viennent ensuite le Maroc, la République démocratique du Congo (RDC), le Ghana, l’Ouganda, la Tanzanie et la Zambie, avec 0,116 milliard d’IDE.

Le rapport de la CNUCED relève une hausse de 4 % des flux vers l’ensemble des pays émergents, et particulièrement vers les pays d’Afrique. Malgré la chute des IDE, près de la moitié des gros projets d’investissements (projets supérieurs à 10 milliards de dollars) se trouvent en Afrique. De nouveaux projets qui concernent essentiellement l’approvisionnement en énergie et en gaz. De 24 milliards de dollars en 2021, les projets d’investissement dans ce secteur sont passés à 120 milliards de dollars. Les secteurs de la construction et de l’extraction sont tout aussi porteurs (respectivement 24 et 21 milliards de dollars). Les technologies de l’information et de la communication (TIC) attirent également les investisseurs étrangers. Investisseurs pour l’essentiel européens : le Royaume-Uni (60 milliards de dollars), la France et les Pays-Bas (54 milliards de dollars chacun) détiennent les plus grands stocks d’IDE en Afrique.

Investissements en Afrique : les secteurs porteurs

Industrie pétrolière, exploitation des pierres précieuses, matières premières, agriculture, agroalimentaire… Voilà donc les secteurs les plus porteurs pour investir en Afrique en 2023. Mais quels investissements réaliser ? En vue de quels bénéfices les réaliser ? Ces bénéfices seront-ils profitables à la population locale, à la croissance du pays africain ? Autant de questions qui sous-tendaient le premier Sommet africain sur le climat. Organisé par le Kenya et l’Union africaine (entre le 4 au 6 septembre), ce Sommet a réuni dirigeants et experts à Nairobi, pour trouver de nouvelles solutions à la crise climatique. Solutions qui, pour Stephen Jackson, Coordinateur Résident des Nations Unies au Kenya, sont indissociables de la question du financement. Revenant sur les secteurs porteurs en Afrique, il confirme que le continent dispose des plus grandes ressources naturelles en énergies renouvelables. La forêt tropicale Congo constitue le « deuxième poumon vert » de la planète. L’Afrique dispose également de la plus grande quantité de terres agricoles arables au monde.

Des méga projets d’investissement parfois controversés

Se repose alors la question de l’investissement. Car les défenseurs de l’environnement s’opposent à tout projet sacrifiant le continent africain pour le profit des investisseurs étrangers. Pour eux, chaque investissement doit nécessairement prendre en compte la menace du réchauffement climatique. Ils rappellent d’ailleurs que l’Afrique émet bien moins de dioxyde de carbone que ces voisins du Nord, mais subit davantage les conséquences du réchauffement climatique. Les méga projets d’investissements sont ainsi regardés avec plus de rigueur.

Ainsi, le méga projet du géant français TotalEnergies est, depuis son lancement, pointé du doigt par les ONG. En 2022, le groupe pétrolier français et CNOOC, son partenaire chinois, annonçaient un accord d’investissement de 10 milliards d’euros avec l’Ouganda et la Tanzanie, pour exploiter et exporter le pétrole ougandais. Le projet, qui prévoit la construction d’un oléoduc entre l’Ouganda et la Tanzanie, est l’un des plus importants au monde. L’Ouganda y voit une opportunité de recevoir davantage d’investissements étrangers et d’attirer d’autres investisseurs, grâce à son pétrole. TotalEnergies promet des créations d’emploi et une amélioration des conditions de vie des habitants.

Mais le projet suscite la controverse depuis les premiers jours. Un nouveau rapport de l’ONG Human Rights Watch paru le 10 juillet 2023 parle d’un « désastre » qui « contribuera à la crise climatique mondiale ». Le coût humain est lui aussi catastrophique, avec, selon le rapport plus de 100 000 habitants déplacés, et un appauvrissement de milliers de personnes. TotalEnergies rétorque qu’il verse des indemnités aux familles déplacées. Indemnités qui tardent parfois à venir, nuancent les intéressés, et qui seraient de toute manière insuffisantes pour couvrir les pertes subies. Pertes dont les conséquences se feraient sentir sur des années.

Vers un investissement vert ?

En novembre 2022, l’ONG allemande Urgewald profite de la COP27 pour publier le rapport « qui finance l’expansion des énergies fossiles en Afrique ». D’après ses conclusions, « Deux tiers [des nouveaux projets d’investissement dans les énergies fossiles] sont portés par des multinationales dont le siège se trouve hors d’Afrique et la majorité sont tournés vers l’exportation pour satisfaire les besoins occidentaux ». De son côté, la Banque mondiale rappelle que l’une des priorités pour les habitants du continent africain est d’accéder à l’électricité et à l’eau. Des besoins essentiels qu’il faudrait satisfaire dans un contexte de crise mondiale.

Pour l’Agence internationale de l’énergie, il faudrait multiplier par deux les investissements en Afrique et les capacités à produire de l’énergie dans les 10 ans à venir. Reste à savoir si l’accent sera mis sur les investissements verts ou sur les énergies fossiles. Pour certains experts, difficile d’imposer aux pays africains un abandon total des énergies fossiles. Malgré l’abondance de ressources naturelles et un ensoleillement propice au développement du photovoltaïque, ce secteur reste sous-exploité en Afrique. Un rapport de Bloomberg New Energy Finance fait même état d’une chute de 35 % des investissements dans les énergies renouvelables en Afrique entre 2020 et 2021, alors qu’ils augmentaient partout ailleurs (+9 % dans le monde).

D’où la question du financement posée lors du Sommet africain sur le climat. Booster les IDE, oui, mais avec un cadre permettant une réelle croissance sur le long terme. Des économistes rappellent que croissance économique et préservation des ressources naturelles ne s’opposent pas, mais agissent de concert. C’est le défi du continent africain.

Asaël Häzaq

A propos de Asaël Häzaq

Rédactrice pour Expat.com. Rédactrice actualité socio-économique, Japon, pop-culture.

Source – Article issu du site Expat.com