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Kendall Tang veut changer l’image du textile « Made in Moris »

Face à une concurrence féroce, RT Knits mise sur l’innovation et invite les acteurs économiques locaux à changer de paradigme. Il s’agit de faire du « Made in and by Moris » un atout, en devenant une « force de proposition et de solutions, pas seulement d’exécution ».

« Au niveau de la production, nos concurrents sont le Bangladesh, l’Éthiopie et, plus près de nous, Madagascar, avec des coûts de main d’œuvre trois à quatre fois inférieurs aux nôtres. Mais pour le « retail », la distribution de produits et le marketing, nos compétiteurs sont l’Europe, les États-Unis avec des coûts trois à quatre fois supérieurs… Et là, ça change tout ! », lance avec conviction Kendall Tang, le Chief Executive Officer (CEO) de RT Knits.
Ce raisonnement qui paraît si simple, et même évident, est pourtant à Maurice un vrai changement. Il s’incarne dans Teamonite, une plate-forme électronique de commerce en ligne et l’un des premiers projets internationaux de manutailing (mot-valise formé de manufacturing (fabrication) et de retailing (vente au détail). On a du mal à imaginer que cette vraie « création destructive » – pour reprendre la théorie de Schumpeter – vienne du secteur textile, une industrie qui a permis le décollage de l’île. « Nous vivons sans la voir, mais c’est  une révolution », précise le quarantenaire (né en 1971). Mais il est vrai que son entreprise est habituée aux changements radicaux, née en 2005 de la fusion de deux groupes textile familiaux : Richfield Textile et Tang Knitwear créé dans les années 1970 par le père de Kendall.
« Outre Maurice, notre groupe avait des usines en Chine et en France. Notre père avait délocalisé en 1984 des services de Maurice vers l’Hexagone. Il avait racheté une usine du groupe Sac Frères pour améliorer la compétitivité et assurer un transfert de savoir-faire. Ces usines étaient notre terrain de jeu pour moi et ma jeune sœur, nous y passions nos vacances scolaires… »

Le choix de Maurice

À 13 ans, alors inscrit au collège Saint-Joseph, il s’envole avec sa sœur vers la Picardie. Ils y passeront leur adolescence. Bac en poche, il intègre l’école des Hautes études d’ingénieur (HEI) de Lille, prévenu de longue date qu’il aura à faire sa place tout seul. : « Notre père nous disait toujours qu’il ne nous léguerait pas l’entreprise ». Pourtant, en 1995, Kendall apprend de la bouche de son père, alors en Chine et très malade, qu’il reprendra les rênes. Venu pour des vacances, il n’aura pas l’occasion d’utiliser son billet retour. « Je suis resté un an en Chine, à superviser la construction d’une usine. Ce fut assez dur, je ne parlais pas encore le mandarin. » 
De 1995 à 1997, il multiplie les allers-retours Chine-Maurice (entretemps, le site français a été revendu). Mais alors que la Chine devient l’usine du monde, Kendall Tang choisit d’y fermer la sienne. « Je sais que ce choix a pu dérouter, mais j’appréciais peu la culture business là-bas », relève-t-il pudiquement… Un vrai challenge s’offre à lui  : « Le site mauricien n’avait que 200 salariés et le chiffre d’affaires stagnait à 40 millions de roupies (un million d’euros), ce n’est qu’en 2001 que l’entreprise est devenue rentable… »
En 2002, il fait la connaissance de Jean Li Wan Po, du groupe familial Richfield Textile. Ils décident de fusionner en 2005, lui prenant en charge la production et son associé le marketing. Et ça marche. L’entreprise va développer une véritable expertise, se présentant à ses clients comme une « force de proposition et de solutions, pas seulement d’exécution». Ce qui n’est pas si fréquent à Maurice. 

Révolution Internet

Aujourd’hui, l’usine a 2 000 employés dont la plupart des opérateurs sont étrangers ; les postes d’encadrement sont eux occupés par des Mauriciens. RT Knits produit ainsi neuf millions de pièces par an pour une vingtaine de clients prestigieux, dont la marque française Camaïeu, la sud-africaine Woolworths et même Adidas. Une petite partie de la production (exclusivement du tissu) est destinée aux acteurs locaux… « De 1995 à 1997, nous produisions des T-shirts très basiques. Aujourd’hui, nous avons des capacités de design et de développement. » L’entreprise a notamment réagi à l’arrivée de clients Internet comme Zalando, numéro un européen de la vente de prêt-à-porter en ligne, et son concurrent britannique ASOS. « Les commandes de clients traditionnels sont en général de 7 000 pièces. Les acteurs en ligne n’ont que deux ou trois entrepôts – leurs stocks sont donc bien plus optimisés – et leurs commandes peuvent n’être que de 500 unités, mais selon le succès des produits, elles peuvent se multiplier (très) rapidement ! »
Face à ce changement de paradigme, RT Knits a développé Teamonite. « Avec ce modèle, nous contrôlons l’intégralité de la chaîne d’approvisionnement, de la production au marketing, à la commercialisation et à la livraison directement aux consommateurs. Il s’agit de créer de la valeur, mais pas uniquement à partir de la production. »  Les deux associés invitent d’autres entreprises – « pas nécessairement du secteur textile » – à profiter de ce nouveau modèle qui offre une vitrine internationale à Maurice. 

Une usine « eco-friendly »

RT Knits est aussi un pionnier des énergies renouvelables. Il a conçu la première usine « eco-friendly » de Maurice, bien avant le programme Maurice île durable… « Avant 2000, les demandes principales des clients portaient sur notre capacité à produire en volume. Puis sont venues les exigences de qualité, de normes (ISO 9001), et enfin les normes sociales et environnementales. De nous-mêmes, en 2006, nous avons revu nos bâtiments pour tenir compte de ces impératifs. » Ainsi, des panneaux solaires thermiques tapissent la toiture de l’usine. L’énergie captée permet de préchauffer la chaudière.
D’immenses baies vitrées laissent entrer la lumière du jour dans la salle d’assemblage, donc pas besoin d’ampoules électriques pour l’éclairage pendant la journée. L’énergie éolienne est aussi mise à contribution. Le système de climatisation et de ventilation de l’usine est équipé d’aéro-refroidisseurs. En outre, l’entreprise a créé une serre hydroponique où des salariés produisent des légumes consommés à la cantine. Grâce à ces équipements, RT Knits est l’une des premières unités de confection textile de l’hémisphère Sud à avoir obtenu l’accréditation de commerce équitable  et durable. « C’est un argument de vente supplémentaire et qui a un fort impact sur les marchés européens et américains », assure, en riant, le patron de l’usine.Progression 
Les bons résultats sont là puisque le chiffre d’affaires de l’entreprise a plus que triplé depuis la fusion en 2005 tandis que ses bénéfices sont dans la moyenne haute du secteur. Cela est d’autant plus remarquable qu’elle fait face à une rude concurrence internationale 

Innovation
Outre Teamonite, qui se veut être une vraie « création destructive », RT Knits est aussi pionnier dans les énergies renouvelables.

Dynamisme à l’extérieur 
La production se fait à 100 % à Maurice et presque entièrement exportée. RT Knits produit neuf millions de pièces par an pour une vingtaine de clients prestigieux, dont Adidas .

Engagement citoyen
Outre ce qui relève de la responsabilité sociétale des entreprises, RT Knits sponsorise des jeunes en payant leurs frais de formation. Elle apporte également son support à l’association La Colombe, impliquée dans l’aide aux jeunes de Roche-Bois, un quartier défavorisé de Port-Louis.  

Source – Eco Austral

Implantation de l’enseigne française « La Foir’Fouille »

La Foir’Fouille, paradis de la décoration à prix discount, vient de s’implanter à Maurice dans le centre commercial « Grand Baie La Croisette » au nord de l’île.

C’est la première implantation hors d’Europe de cette chaîne de magasins française, fondée en 1975 par Louis Navarro, et spécialisée dans le maxidiscompte d’équipement pour la maison. Présente sur l’ensemble du territoire français, les DOM-TOM, Belgique, Espagne et Luxembourg, la Foir’Fouille sera dotée de trois magasins à l’Ile Maurice courant 2019 (les deux prochains emplacements n’ayant pas été encore identifiés).
Il aura fallu investir quelques 50 millions de roupies (environ 1,25 M€ NDLR) aux deux actionnaires : HV Holdings limited et LCV Investment, pour lancer cette franchise dans le pays et constituer un premier stock de qualité. C’est d’ailleurs ce qui fait l’originalité de l’enseigne mauricienne d’après les dirigeants : « la franchise nous permet de profiter des 13000 références de la Foir’Fouille, et nous avons pu ainsi ouvrir un magasin qui se distingue par la qualité des produits qui restent à un prix raisonnable. » En effet, malgré 30% de majorations dues aux taxes et frais d’approche par rapport à l’Europe, les actionnaires ont fait le choix de rogner sur leurs marges de façon à conserver des tarifs compétitifs. En outre, un intéressant système de remise à partir de 5 passages à la caisse devrait permettre de fidéliser cette nouvelle clientèle.
A Grand Baie 35 emplois ont été créés pour ce premier magasin. A terme une centaine d’employés devrait être embauchée dans le pays.

Source – Eco Austral

Renaud Azéma : Vatel fait école en Afrique

Renaud Azéma se donnait pour ambition de faire de Vatel Maurice l’équivalente des plus grandes écoles hôtelières. Dix ans plus tard, il a la satisfaction de voir qu’elle est aussi une solution de l’activité touristique à Maurice, dans la sous-région et maintenant en Afrique.

« Mon objectif était de créer une école qui soit au moins l’équivalente de Lausanne (une des plus anciennes écoles hôtelières au monde) et de Cornell (le Harvard du management hôtelier) ! », confie Renaud Azéma, clin d’œil en tendu. Le Chief Executive Officer (CEO) de Vatel Mauritius a le mérite de voir grand et de l’assumer. Mais il est vrai que dans son bureau, dont les grandes baies vitrées offrent un panorama à 180° sur le hall et lui donnent une impression de tour de contrôle, on peut lire cette citation du poète italien Gabriele d’Annunzio : « Memento audere semper » (souviens-toi de toujours faire preuve d’audace). Cette devise sonne comme un rappel pour les 342 étudiants venus de Maurice et de l’extérieur qui se côtoient sur le campus ultra-moderne de l’École internationale d’hôtellerie et de management Vatel. Créée à Paris en 1981, elle a été sacrée, en 2016, meilleure école hôtelière au monde aux Worldwide Hospitality Awards !
Difficile d’imaginer qu’à l’ouverture de l’école à Maurice, en 2009, ils n’étaient que… 15 étudiants à se presser dans une maison à Quatre-Bornes ! C’est en 2007 que Renaud Azéma achète la franchise Vatel. Il l’enregistre sous le nom de Trianon Hotel & Tourism Management Centre Ltd (THTMC). Il a déjà derrière lui une solide expérience dans le secteur. 

Un baroudeur

Titulaire d’une maîtrise de tourisme, c’est en Australie que ce Français débute comme chef de projet. Il s’envolera ensuite pour l’Algérie et l’Égypte. Il est au Sinaï quand éclate, en février 1991, la première guerre du Golfe. Surpris par les événements, il se fait rapatrier par une patrouille de l’ONU ! Après un tour du monde pour se remettre de ses émotions, il débarque au Tampon, à La Réunion. 
Sans le savoir, c’est le début d’une longue histoire avec nos îles…
En 1994, il est recruté par la Chambre de commerce et d’industrie où il met en place le label Réunion Qualité Tourisme, avant d’enseigner au  Centre de formation technique du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration (Centhor) de Saint-Gilles. En 1996, il intègre à Maurice la toute nouvelle École hôtelière Gaëtan Duval en y lançant différentes formations. En 2005, retour à La Réunion où il est nommé directeur du Centhor. Deux ans plus tard, il fait l’acquisition de la franchise Vatel avec l’objectif de proposer des formations hôtelières beaucoup plus polyvalentes, incluant gestion, finance, comptabilité, ressources humaines et même marketing.
« Notre offre n’a pas tout de suite été comprise par le secteur, qui y a vu de la concurrence plus qu’un apport complémentaire de formation.», s’amuse aujourd’hui le patron de l’école. Il doit défendre devant la Tertiary Education Commission (Commission pour l’enseignement supérieur) la solidité et l’originalité de son projet. Si l’autorisation est remise en décembre 2008, l’école n’ouvre qu’en mars 2009. Et depuis, Vatel effectue deux rentrées par an ! Une en avril, pour les étudiants mauriciens et africains qui ont obtenu leur HSC (équivalent du bac) et l’autre en septembre, pour les bacheliers. 
L’école atteint vite sa vitesse de croisière : « Les résultats de mes cinq premières années étaient au-dessus de mon business plan », tandis que le chiffre d’affaires est en constante augmentation (1,8 million d’euros en 2017). Il provient principalement des frais de scolarité, mais aussi des ventes effectuées à la cafétéria et des activités de consulting et de formation continue. « Je reverse 10 % de royalties sur mes frais de scolarité à Vatel Développement, une entité chargée de développer l’enseigne. » 

Des méthodes novatrices

Ce succès s’explique par des méthodes novatrices d’enseignement : comme ce « jeu des 7 familles avec les principaux hôtels de l’île », ou une « sorte de Monopoly qui évoque le parcours d’un étudiant de son intégration jusqu’à son diplôme », et même « une bande dessinée présentant notre école, qui devrait devenir un dessin animé ». Mais Renaud Azéma mise surtout sur la révolution de l’enseignement. « Je suis en train de lancer une formation en réalité virtuelle qui permet à l’apprenant de s’immerger à 360° en environnement professionnel avec des interactions. Mon objectif est de remplacer les livres ! Ces modules vidéo pourraient être mis à la disposition d’autres écoles. Cela nous a conduits à repenser notre cursus et à le découper en modules autonomes. »
Si l’école accueille aujourd’hui à Maurice 30 % d’étudiants étrangers de vingt nationalités différentes, Renaud Azéma a voulu, dès le début, en faire un pôle d’excellence et un hub régional. C’est ainsi qu’il a obtenu la master-franchise de Vatel pour l’Afrique de l’Est et australe anglophone. Une décision stratégique puisque selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, le tourisme est appelé à devenir un axe économique majeur. Il devrait croître de 5 % d’ici 2030 pour atteindre 150 millions de touristes. Or, il y a peu d’institutions formant sur place des managers. 

Faire de Maurice un pôle d’excellence régional 

Pour asseoir son déploiement, Renaud Azéma crée, en 2014, Trianon Business Development (TBD), en charge des sous-franchises. La même année, il ouvre à Tananarive la seconde école Vatel dans l’océan Indien, et en 2017 c’est au tour de La Réunion. Cap ensuite sur le Rwanda où l’école a accueilli, début 2018, ses premiers étudiants. À noter que 15 de ces 17 Vatéliens bénéficient du soutien financier de la fondation Mastercard qui a décidé d’injecter 50 millions de dollars. « Cette opération pilote d’une durée de cinq ans pourrait être dupliquée dans d’autres pays… »
Mais l’engrenage décisif pour le développement international de Vatel en Afrique est sans doute, en février 2018, la signature d’un « agrément » avec le prince Cedza Dlamini, CEO de l’Ubuntu Institute, pour l’ouverture d’une école Vatel à Johannesburg. Les frais de scolarité annuels sont variables selon les États. « Déclinés selon les réalités locales, ils sont de 3 000 euros à Madagascar, 6 500 euros à La Réunion et 7 000 dollars au Rwanda. TBD récupère 10 % de royalties sur les frais de scolarité et reverse 5 % à Vatel. » 
Bref, la volonté de ce père de trois jeunes femmes, dont une est devenue cheffe, « que Vatel ne soit plus uniquement une école mais une solution de l’activité touristique mauricienne, régionale et continentale » est bel et bien en train de prendre forme. PROGRESSION 
Vatel a rapidement largement dépassé son point mort. Son chiffre d’affaires en constante augmentation a atteint 75 millions de roupies (1,8 million  d’euros) en 2017. Une grosse part des bénéfices est réinjectée.

INNOVATION
Renaud Azéma a développé des outils originaux et des méthodes novatrices d’enseignement comme un jeu des 7 familles et une bande dessinée. Il va lancer des modules de formation en réalité virtuelle. 

DYNAMISME À L’EXTÉRIEUR 
Installée en 2009 à Maurice, Renaud Azéma a depuis exporté la marque Vatel à Madagascar, La Réunion, Rodrigues, au Rwanda et bientôt en Afrique du Sud. 

ENGAGEMENT CITOYEN
Les frais scolaires d’une trentaine d’étudiants mauriciens, dont 22 en première année, sont financés à 100 % par l’école. Ces 22 étudiants ont bénéficié du programme Lift (des bourses intégrales et complètes pour le Bachelor (Bac+3), lancé à l’occasion des 50 ans de l’indépendance de Maurice). Ce programme novateur intéresse le groupe international Marriott.   

Source – Eco Austral