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Focus sur la commission Relations Régionales et son avancée au sein de la CCI France Maurice

La dernière réunion de cette commission Relations Régionales s’est tenue dans les locaux de la CCIFM le Mardi 12 février de 12h30 à 13h45. Les points suivants ont été discutés successivement:

  • Appel à candidature pour co-animation Commission Relations Régionales
  • Point d’avancement sur l’évènement « Ville durable » à Maurice 19-21 juin 2019
  • Mise à jour du « Guide investisseur » et debriefing pour un RDV avec la FSC sur: 

*un évènement à organiser sur la plateforme financière mauricienne et perspectives avec MCCI/FSC/MRA/Global Finance
*évènement de réseautage avec la Chambre de commerce chinoise

  •  Foire COMESA – Kenya juillet 2019 

Et enfin un Tour de table et actualités de nos partenaires et membres , pour aboutir à une liste des missions prévues en 2019 et les pays cibles.

La prochaine réunion aura lieu le Mardi 19 mars 2019 12h30-13h45 à la CCIFM et se portera, entre autre, sur:

  • une présentation des actions de l’Agence Française de Développement sur Maurice
  • un explication des services de la CCIFM pour ess membres et comment ces derniers peuvent contribuer aux actions de l’AFD?
  • un focus sur le développement durable.

Source – CCIFM

Classement Mercer – Maurice : meilleur niveau de vie en Afrique
La 21e édition de l’enquête annuelle de Mercer sur la qualité de vie dans le monde a paru le mercredi 13 mars. Une fois de plus, Port-Louis, pour symboliser le pays, est à la fois la ville offrant la meilleure qualité de vie et celle la plus sûre sur le continent africain. Selon les données recueillies par ce leader mondial en santé et prévoyance, gestion des talents, retraits et investissements, le pays garde sa 83e place mondiale en matière de qualité de vie et 59e place pour la sécurité des citoyens et des visiteurs. Maurice est suivi de près, en ce qui concerne la qualité de vie en Afrique, par des villes sud-africaines : Durban (88e mondiale), Le Cap (95e) et Johannesburg (96e). Cependant, ces villes sont peu bien classées en matière de sécurité des personnes. En outre, des problèmes d’approvisionnement en eau ont contribué à la perte d’une place pour Le Cap. La capitale de la République centre africaine, Bangui, est la moins bien classée en Afrique, se situant à la 230e place pour ce qui est de la sécurité des personnes. La Gambie, fort de ses efforts en faveur d’un système politique démocratique et d’un plus grand respect des droits de l’homme, a permis à Banjul (179e) de connaître la meilleure amélioration en ce qui concerne la qualité de vie en Afrique, mais aussi dans le monde, en gagnant six places cette année. Au niveau international, Vienne, la capitale autrichienne, garde sa pole position au classement général pour la 10e année consécutive. Elle est suivie de près par Zurich (2e). Auckland, Munich et Vancouver restent en tête du classement en Amérique-du-Nord depuis 10 ans et se partagent la troisième place. Singapour (25e), Montevideo (78e) et Port-Louis (83e) restent respectivement les villes les mieux classées d’Asie, d’Amérique-du-Sud et d’Afrique respectivement. Bien qu’elle reste loin derrière dans le classement, Bagdad a connu une amélioration significative de sa sécurité et de ses services sanitaires. À contrario, Caracas a vu son niveau de vie baisser considérablement à la suite d’une forte instabilité politique et économique. « Déjà en proie à des tensions commerciales croissantes, le marché économique mondial doit également faire face à un durcissement des politiques monétaires et à un risque de volatilité accru. Combinées à une montée des courants populistes, ces tendances exercent une pression sans précédent sur les opérations des entreprises internationales à l’étranger. Si de nombreuses villes à travers le monde continuent d’offrir des environnements favorables et propices aux activités des entreprises, les meilleures d’entre elles ont fait de la qualité de vie une composante essentielle de leur attractivité, tant pour les entreprises que pour les talents mobiles », souligne Mercer. Source – DefiMédia
Main d’œuvre étrangère: les activités économiques compromises sans les Bangladais ?

D’abord, les statistiques qui datent de décembre 2018 le confirment. Les Bangladais sont de plus en plus nombreux à Maurice. Sur les 42 572 ouvriers étrangers recensés, 24 256 proviennent du Bangladesh. Ils sont déployés dans divers secteurs et s’acquittent surtout, des tâches délaissées par les Mauriciens.

D’ailleurs, les chiffres de la Banque centrale sont révélateurs. Rs 9,3 milliards ont été transférées par ces ouvriers dans leurs pays respectifs pour la période 2017-18. Où travaillent-ils ? Pourquoi sont-ils importants ?

Au Bangladesh, toute une machinerie a été mise en place. «Les Bangladais vont travailler dans plusieurs pays. Et à Maurice, on aura besoin d’eux de plus en plus. Ce qu’ils font aurait pu être fait par des Mauriciens, mais ces derniers refusent», soutient Pradeep Dursun, le Chief Operating Officer de Business Mauritius. Il avance qu’il est impératif de reconnaître leur contribution au développement de l’économie.

Il est rejoint dans ses propos par l’économiste Eric Ng. «Encore faut-il que les Mauriciens soient productifs. C’est vrai qu’importer de la main-d’oeuvre bangladaise coûte cher mais ils sont plus productifs et disponibles. Ils travaillent, par exemple, dans des supermarchés alors que les locaux refusent», fait-il ressortir.

«Opérateurs compétents»

La majorité des Bangladais est employée dans le textile. Peut-on s’en passer ? «Non», souligne Guillaume Dalais, le Chief Executive Officer (CEO) de Floréal International Group & Tropic Knits Group. Selon lui, l’industrie du textile ne pourra survivre sans l’apport des travailleurs étrangers, qui «sont des opérateurs compétents dans le domaine». Et de déclarer que les ouvriers étrangers et les Mauriciens sont complémentaires dans une entreprise textile «car la force et la viabilité de celle-ci reposent sur l’ensemble de ses talents».

Guillaume Dalais confie que le choix d’embaucher des Bangladais dans ce secteur est surtout lié au fait qu’ils possèdent le profil recherché. «Bien sûr nous voudrions privilégier les Mauriciens. On recherche ceux qui ont la compétence requise. Et si l’on n’arrive pas à en recruter, l’on opte pour les travailleurs étrangers.» Il souligne que le recrutement des employés locaux est souvent compromis quand «les facteurs de la compétence et de la compétitivité entrent en jeu».

Toutefois, il reconnaît que si l’on veut que le textile reste compétitif, l’apport des travailleurs étrangers a toute son importance. «Les Bangladais et les Malgaches correspondent plus au profil que les compagnies recherchent, même si chaque entreprise a sa propre stratégie d’embauche selon les compétences requises.»

Autre secteur qui emploie un nombre grandissant de Bangladais : la boulangerie. Ils sont plus de 700 à y être employés. «Au total, 99,9 % des boulangeries fonctionnent avec la main-d’oeuvre étrangère. Si zot pa ti la, ou pas gayn dipin gramatin», explique Nasser Moraby, le président de l’Association des propriétaires de boulangeries.

Il fait valoir que les Mauriciens ne veulent plus faire ce métier, alors qu’ils étaient bien payés. «Il fallait leur courir après pour qu’ils viennent bosser dans l’après-midi», avance-t-il. Problème qui n’existerait plus depuis l’arrivée des étrangers. «Il est vrai qu’ils touchent plus mais en retour on est sûr de notre produit».

Métiers de la terre

L’agro-industrie voit également l’emploi de Bangladais. Ces derniers sont habitués à labourer les champs et cultiver les légumes dans leur pays. Cette évolution, Isoop Soobadar, ancien président de la Market Traders Association, en est témoin. «Ces ouvriers savent travailler la terre», note-t-il. Et d’ajouter qu’ils n’hésitent pas à faire des efforts physiques considérables, que refuseraient les Mauriciens. «Ils travaillent dans les usines en semaine et durant le week-end, ils sont dans les champs.»

Selon lui, les Mauriciens ne sont pas intéressés par les métiers de la terre. «Certains travaillent de 6 heures du matin à 11 heures. Ils touchent Rs 500. S’ils revenaient dans l’après-midi, ils toucheraient Rs 300. Dans plusieurs cas, les Mauriciens choisissent de ne pas revenir, alors que le Bangladais sera présent sans faute», souligne Issoop Soobadar.

Le monde de la construction n’est pas non plus étranger aux étrangers. Au total, ils sont 7 000 à y travailler. Ce chiffre compte de nombreux Bangladais. Cependant, Gérard Uckoor, président des petits entrepreneurs, aurait préféré y voir plus de Mauriciens. Et poursuit que ce secteur demande une valorisation.

Ouvrir les vannes aux étrangers, y compris des Bangladais, séduit également l’hôtellerie. Jocelyn Kwok, CEO de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM), affirme que le secteur touristique et l’hôtellerie souffrent terriblement d’un manque de maind’oeuvre. «La multiplication des annonces d’offres d’emploi par les hôtels en ce moment devrait nous interpeller. Nous sommes en mesure d’avancer que face à la croissance de l’industrie, la multiplication des entreprises de restauration et d’hébergement, le phénomène des food courts et des franchises, ou encore l’activité grandissante de catering, les institutions de formation n’ont pas pu suivre le pas.»

Pour lui, le manque de ressources humaines convenablement formées est amplifié par l’attrait des emplois sur les bateaux de croisière. Le CEO de l’AHRIM explique que durant ces cinq dernières années, il y a eu à tout moment entre 300 et 800 postes impossibles à remplir dans les établissements hôteliers. D’après lui, il est temps de faire appel à des étrangers dans ce secteur.

Pour sa part, Eric Ng reconnaît la contribution des travailleurs bangladais à Maurice. Cependant l’économiste est d’avis qu’on sera moins dépendant d’eux si les locaux souhaitent faire les métiers qu’ils ont délaissés et qui ont été repris par les ouvriers étrangers.

Les ouvriers chinois moins présents

Quid des ouvriers chinois dont le nombre a connu une baisse au fil des années ? Selon Pradeep Dursun, ce phénomène s’explique par le fait que l’offre mauricienne n’est plus attrayante. «La Chine a elle-même beaucoup développé. La plupart des Chinois qui viennent travailler chez nous le font à travers de gros contrats. Et certaines clauses de contrat stipulent qu’il faut employer des personnes dudit pays. Puis, il y a aussi le fait que d’autres pays proposent de meilleures offres», affirme le COO de Business Mauritius. 

Abondant dans le même sens, Fayzal Ally Beegun laisse entendre que les Chinois viennent surtout à présent travailler dans le domaine de la construction et de la réparation des téléphones portables, ce qui correspond mieux à leurs champs d’expertise.

«Maurice peut se le permettre»

Des métiers qui nécessitent des efforts physiques, ceux qui ne peuvent se pratiquer dans le confort d’un bureau, ou encore ceux qui s’exercent à des heures indues n’attirent guère les Mauriciens. Surtout «de par les développements survenus et le niveau de vie qui a connu une hausse», souligne le «Chief Operating Officer» (COO) de Business Mauritius, Pradeep Dursun. «Même les chauffeurs d’autobus demandent à pouvoir importer de la maind’oeuvre», fait-il ressortir. Idem pour des cliniques qui comptent des partenaires stratégiques et qui importent une partie de leur personnel médical et paramédical. Toutefois, le COO de Business Mauritius estime que cette attitude est«légitime» car Maurice est un pays en développement. Sans compter les clichés. «Avoir un bon travail rime souvent avec décrocher un job dans un bureau. Les gens ne sont pas prêts à compromettre leur confort», affirme-t-il. En effet, Pradeep Dursun explique que les Mauriciens ont établi une hiérarchie des métiers. «Au fil des ans, ils ne se voient pas faire tel ou tel métier. Tout comme cela a été le cas à l’étranger où des Mauriciens ont exercé des métiers que les locaux ont délaissés. Maintenant, même Maurice peut se le permettre», remarque-t-il.

Infiltration dans d’autres secteurs

Outre la zone franche ou la boulangerie, le syndicaliste Fayzal Ally Beegun fait ressortir que les Bangladais sont employés par des petites entreprises. À l’instar des élevages de volaille, celles qui proposent des tentes pour des mariages ou encore des sociétés de nettoyage. «Les Bangladais travaillent comme peintres ou encore comme bonnes à tout faire. Des bhandari (chefs) sont également intéressés à recruter ces étrangers», indique-t-il. Fayzal Ally Beegun souligne que «les patrons sont à la recherche d’employés disponibles.» Pour lui, l’économie mauricienne repose sur les Bangladais et plusieurs secteurs seront affectés sans leur apport. Pour sa part, Reeaz Chuttoo considère qu’il est grand temps que les Mauriciens comprennent que les Bangladais font partie de notre paysage. Et qu’il faudrait les traiter avec respect. «Selon nos prévisions, d’ici 2030, Maurice comptera au minimum 400 000 travailleurs étrangers», estime le syndicaliste. Mais, dans l’immédiat, si les Bangladais devaient partir de Maurice, deux secteurs – le textile et le seafood hub – seront en difficulté.

Source – L’Express.mu

Maurice : objectifs légumes sains

Réduire l’usage intensif des pesticides dans la production des fruits et légumes ? Un impératif pour la santé de la population et pour l’avenir de l’île.

Maurice a tout d’un petit paradis. À l’exception de ses fruits et légumes. L’île est sous l’influence de la canne à sucre depuis des siècles. La canne, bichonnée et arrosée d’intrants chimiques, essentiellement des herbicides, couvre la majeure partie des terres cultivées. Au fil du temps, la terre s’est dégradée, appauvrie. Alors, le recours aux phytosanitaires va bon train, d’autant que sous un climat tropical, les ravageurs et les maladies prolifèrent.

Des pesticides dans l’assiette

Début 2016, le journal mauricien L’Express publiait une enquête au long cours « Pesticides, ça nous empoisonne ». Pour les consommateurs, l’inquiétude est de mise. Sur un échantillon de 50 produits analysés, jusqu’à 20 % des fruits et légumes consommés affichaient des taux de pesticides dépassant les limites maximales de résidus (LMR). L’enquête pointait aussi du doigt certains produits importés de pays non soumis aux normes européennes.

Une étude menée par la Chambre d’agriculture mauricienne auprès de 300 maraîchers ne laissait pas de place au doute : 60 substances chimiques actives étaient utilisées pour produire 11 sortes de légumes. Certains des pesticides employés étaient même interdits à l’importation !

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Champ de canne à sucre Maurice. © SYLVIE RANTRUA

En 2017 dans les Cahiers agricultures , un article co-écrit par la Chambre d’agriculture mauricienne et le Cirad se penche sur les pratiques des producteurs maraîchers mauriciens. « La grande majorité des producteurs protègent leurs cultures par des traitements phytosanitaires préventifs […] Entre 11 et 53 traitements par an sont ainsi effectués », révélait l’article. Constatant des risques importants pour l’environnement du fait du non-respect des bonnes pratiques, les auteurs préconisent alors un meilleur encadrement de l’usage des pesticides et la recherche de solutions alternatives.

Des initiatives

La prise de conscience dans la société civile a poussé quelques agriculteurs à se mettre au « bio ». De son côté, le gouvernement s’est engagé à promouvoir l’agriculture bio et à subventionner la culture sous serre qui rend le contrôle des maladies plus aisé. La Chambre d’agriculture, qui représente le secteur privé, a lancé l’initiative « Smart agriculture » (agriculture raisonnée). Présentant le programme devant la presse, Jacqueline Sauzier, secrétaire générale de la Chambre d’agriculture, précisait alors : « L’heure est venue de réfléchir à des moyens plus sains et écologiques de cultiver des légumes. » Après un état des lieux et des recommandations, le projet se penche depuis 2017 sur l’accompagnement vers « une transition agroécologique pour créer des systèmes moins dépendants en intrants, plus résilients face au changement climatique et viables économiquement », explique-t-elle.

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Pure farming – La pépinière. « Tout est minutieusement étudiée… Les voilages qui forment la serre doivent retenir suffisamment d’humidité mais pas trop, mais surtout, la pépinière fait l’objet de toutes les attentions. Elle conditionne en grande partie le succès de la production », dit Yoann Michenet, directeur technique. © SYLVIE RANTRUA

Le pays reste dans l’attente d’une loi qui encadre l’usage des pesticides et fixe le taux limite résiduel admis dans les fruits et légumes. Après deux ans de discussion, un texte vient d’être présenté fin mai à l’Assemblée. Si les petits planteurs restent opposés à la Pesticide Use Bill, Jacqueline Sauzier insiste sur « la nécessité de former les agriculteurs aux dangers de ces produits, mais aussi de structurer une profession qui ne dispose ni de cadre ni de réglementation ».

Des opportunités

En choisissant d’implanter à Maurice son premier projet de ferme maraîchère, JTAgro, une start-up française, a vu juste. Son credo, produire des légumes sains et de qualité dans la tradition de l’agriculture raisonnée, lui a ouvert les portes. Tout s’est fait rapidement. Les premiers contacts, pris en septembre 2015, se sont concrétisés par la création d’une société mauricienne Pure Farming en mars 2016, avec des partenaires locaux, et en mai le site de production était lancé.

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L’exploitation de Pure Farming – La ruche installée, les abeilles œuvrent à la pollinisation des tomates sous serre. © SYLVIE RANTRUA

Tomates, tomates cerises, salades, poivrons mais aussi haricots verts, melons ou autres légumes, selon la saison, poussent avec le moins de pesticides possibles et évidemment sans traitements préventifs. « Les rendements sont bons, mais cela demande beaucoup de travail. Il nous a fallu un an pour retrouver des vers de terre dans les sols, signe de bonne santé de la terre », explique Yoann Michenet, directeur technique. L’exploitation, qui a décroché le label « bio farming », s’agrandit. Commencée sur trois hectares, elle est vite passée à 5 hectares en 2017 et devrait atteindre 15 hectares en 2020. À côté de la pépinière et d’une serre de production, 8 autres serres devraient être installées cette année et, pour 2019, Yoann Michenet rêve de 21 serres.

L’avenir

L’exploitation mauricienne a été conçue comme une ferme-pilote. D’autres fermes maraîchères conçues par JTAgro devraient pousser sur le continent. Après l’ouverture des Primeurs de Djéno à Pointe-Noire au Congo, des études de faisabilité sont menées au Bénin et au Nigeria. La prise de conscience des dégâts des pesticides est mondiale. Produire des légumes sains et de qualité, c’est bon pour le consommateur et rentable pour le producteur.

Source – Le Point Afrique


Afrique : où faire des affaires en 2019 ?

Un bon rythme de croissance, des réformes en hausse, il n’en fallait pas plus à l’Afrique pour séduire les investisseurs : le dernier classement Forbes octroie quelques bonnes places à plusieurs pays africains.

Portée par sa croissance et le dynamisme de nombreux de ses États, l’Afrique attire de plus en plus d’investisseurs. Le nombre de réformes, en hausse pour la deuxième année consécutive d’après le rapport Doing Business 2019, y améliore drastiquement l’environnement des affaires. Mais les opportunités restent inégales selon les territoires. C’est le constat qui ressort du classement effectué par le magazine américain Forbes, « Best Countries for Business ». Établie fin décembre pour la treizième année, la liste dominée par la Grande-Bretagne, la Suède et Hong Kong répertorie les pays du monde dont le climat est le plus propice aux affaires, et les plus hospitaliers aux investisseurs.

Pour collecter les données, les auteurs du classement ont collecté et analysé les données de différents rapports. Ainsi, on retrouve dans les critères d’évaluation du magazine l’indice de liberté économique du think tank conservateur Heritage Foundation, et celui du rapport annuel sur la compétitivité du Forum économique mondial, qui évalue les infrastructures et l’état de l’innovation. Les impôts des pays, la protection des investisseurs et les formalités administratives ont été étudiés d’après le rapport Doing Business de la Banque mondiale. En tout, près de 15 critères ont permis l’établissement de ce classement.

Maurice, star africaine des classements

Pour être en bonne place dans la liste, quels impératifs doivent donc remplir les pays étudiés ? « Pour être ouvert aux affaires, vous avez besoin d’un système juridique fort, d’une adoption complète des droits de propriété et de règles et réglementations claires. Une corruption faible est également essentielle au bon fonctionnement de l’économie », a expliqué au magazine américain Mark Zandi, économiste en chef chez Moody’s Analytics. Des facteurs que semble avoir acquis l’île Maurice. Le pays est en effet en tête des pays africains, à la 39e place sur 161 états évalués. Il est aussi le premier du classement Doing Business. Ses points forts ? Une démocratie stable, une situation stratégique entre Afrique et Asie, une fiscalité avantageuse et des infrastructures qualitatives.

Gérés par le Board of Investment (BOI), le premier point de contact des résidents et étrangers désireux d’investir sur l’île, les politiques d’investissements favorisent également la coopération bilatérale avec divers pays africains. Des commissions conjointes avec la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya, l’Éthiopie, Madagascar ou encore la Zambie devraient prochainement être mises en œuvre. Porté par ses secteurs porteurs que sont le tourisme, l’immobilier, l’économie digitale et les services financiers, qui représentent à eux seuls 10 % du PIB du pays, Maurice se tourne aujourd’hui vers d’autres domaines. Hier confidentiels, ces marchés se développent chaque année davantage. Ainsi, la protection de la nature et de l’océan, les énergies renouvelables et la gestion de l’eau forment les secteurs d’avenir de l’état.

A contrario, sur les dix nations les moins bien classées, sept sont africaines, dont la Centrafrique, qui ferme le rang. Tous « ont généralement des difficultés en matière d’innovation, de liberté des échanges et de protection des investisseurs » peut-on lire dans Forbes.

Source – Le Point Afrique

Emploi: ces nouvelles aptitudes que recherchent les employeurs

Flexibilité, ouverture, remise à jour des connaissances de manière ponctuelle… Autant de nouvelles aptitudes que requièrent les entreprises de nos jours. Outre les formations, l’intelligence émotionnelle est une qualité transversale, tout comme cultiver une bonne attitude professionnelle. Le point avec des professionnels du recrutement.

L’apport de la technologie

Alors que l’année 2019 est déjà bien entamée, le marché de l’emploi est en plein essor. Toutefois, fini l’époque où l’on se contentait de se former sur les bancs de l’université avant de chercher un travail. Avoir une licence ou une maîtrise n’est pas non plus une finalité en soi. Roland Dubois, ancien responsable du Youth Employment Programme, ex-directeur du Mauritius Institute of Training and Development et directeur de Roland Dubois Consulting Ltd, en sait quelque chose.

«De nos jours, les entreprises cherchent des employés avec des formations qui cut across plusieurs disciplines», explique-t-il. Un changement directement lié à l’apport de la technologie. C’est le cas pour le secteur financier par exemple. «Plus que la comptabilité traditionnelle, l’on parle aujourd’hui de FinTech», avance notre interlocuteur. Notons à cet effet l’émergence des technologies blockchain ou encore l’apport de l’intelligence artificielle dans la création de logiciels et de traitement de données financières.

Salim Peer, directeur de Castille Mauritius, filiale locale d’une société de recrutement maltaise spécialisée dans le secteur financier et les TIC, ajoute pour sa part que la comptabilité mène à des postes et secteurs encore plus pointus. «De nos jours, on parle beaucoup d’analystes financiers, des filières commerce et de la finance (trade and finance), du marché des dérivatifs, de l’investissement ou encore du marché des matières premières», fait-il ressortir.

Du côté des TIC, pas question non plus de se contenter d’un diplôme exclusivement dédié à l’informatique. «Avoir une certification ou une formation en gestion en sus des connaissances techniques de l’informatique offre de meilleures perspectives de carrière», souligne Salim Peer. La mobilité et la flexibilité sont également de mise, d’autant plus que bon nombre d’entreprises locales travaillent de plus en plus avec des marchés extérieurs.

«Soft Skills»

Par ailleurs, les employeurs recherchent de plus en plus des soft skills, des aptitudes que l’on n’apprend pas forcément sur les bancs de l’école. Parmi les soft skills les plus recherchés, l’on retrouve la capacité à être «visionnaire (aptitude principalement recherchée dans les PME en croissance qui veulent un collaborateur pouvant se projeter sur le moyen et long terme), avoir de l’audace (des employés respectueux mais qui s’expriment, affirment leurs opinions et prennent des initiatives pour soutenir les activités de l’entreprise), enfin on parle de plus en plus d’intelligence émotionnelle», explique la Communication and Recruitment Specialist de MyJob.

L’intelligence émotionnelle est une aptitude de plus en plus «indispensable» selon Aurélie Marie, étant un «gage d’une grande capacité d’écoute, de remise en question et d’empathie», des aptitudes très prisées en entreprise. Il faut ajouter à cela la capacité d’adaptation, du sens de l’organisation, à comprendre et analyser une situation et «trouver des solutions adaptées». Roland Dubois abonde dans le même sens. «Avoir une bonne attitude, démontrer de la flexibilité et le goût de l’effort font partie des bonnes attitudes que cherchent les entreprises», soutient-il. Outre l’aspect compétence et formation, ce sont pour nos interlocuteurs, les fondamentaux de l’employabilité.

Les jeunes connaissent-ils ces nouvelles tendances ? Comprennent-ils la nécessité de développer des soft skills ? Pas vraiment à en croire Aurélie Marie. «Il y a un sérieux manque d’information et certains candidats prennent à la légère les bons réflexes, attitudes et les codes de conduite en entreprise sans réaliser qu’ils se mettent eux-mêmes des bâtons dans les roues», observe la Communication and Recruitment Specialist de MyJob.mu. Attitude que déplore également Roland Dubois.

«Upskilling» et «Reskilling»

Parlant du besoin de formation en continu, Roland Dubois est d’avis que la formation en ligne est une option très intéressante et accessible pour les professionnels comme pour les étudiants. C’est la raison pour laquelle son entreprise s’est associée au géant de la formation en ligne Udemy. Celui-ci compte offrir des formations dédiées aux entreprises privées, au secteur public et aux universités.

Parmi les principales demandes du secteur privé : tout ce qui a trait à la transformation numérique, comme le marketing numérique ou encore les next generation business economics. «Auparavant, la plupart des entreprises s’appuyaient sur les diplômes comme gage de connaissances. Mais de nos jours, elles recherchent surtout des candidats avec des compétences pratiques qui les aideront à se développer. C’est pour cela qu’il faut miser au-delà des qualifications traditionnelles», a souligné Richard Qiu, vice-président et responsable de Business Development chez Udemy en déplacement à Maurice la semaine dernière. Il s’agit également pour les personnes ayant un emploi de mettre à jour leurs connaissances ou de se réorienter, ce qu’on appelle l’upskilling et le reskilling dans le jargon.

Toutefois, ils semblent être très peu à comprendre ces nouvelles dynamiques du marché de l’emploi d’après Roland Dubois. «Ceux qui sont à l’université se concentrent uniquement sur le curriculum, passant à côté des nouvelles tendances dans le monde du travail», déplore notre interlocuteur. Le directeur de Roland Dubois Consulting blâme le manque de career guidance et de recherches de la part des jeunes. «Il faudrait plus de rencontres entre les entreprises et les étudiants», pense Roland Dubois.

Pour Aurélie Marie, les jeunes devraient impérativement faire le bilan de leurs compétences, leurs qualités professionnelles et leur projet de carrière. «Évaluez vos options, informez- vous auprès des professionnels, faites des visites en entreprise, découvrez les métiers avant de faire votre choix de carrière. Une fois le métier choisi, assurez-vous qu’il y ait l’offre d’emploi pour ce métier», conseille-t-elle aux jeunes. Des conseils importants compte tenu du nombre élevé de diplômés au chômage qui se retrouvent sur le marché du travail chaque année. Ils étaient 9 700 en 2017, soit 23 % du nombre total de chômeurs.

De plus, il est important pour les jeunes de choisir des formations professionnelles qui «incluent connaissances théoriques et mise en pratique à travers des stages», d’autant plus que l’un des critères majeurs chez les entreprises reste l’expérience, en sus des qualifications. Dernier conseil, et non pas des moindres, de la part d’Aurélie Marie : «Sortez de votre zone de confort, confrontez-vous au monde du travail, n’ayez pas peur d’essuyer des échecs s’il le faut pour apprendre, comprendre et développer vos compétences.»

Les secteurs qui recrutent : BPO, TIC et hôtellerie

En ce début d’année, le plus gros demandeur d’emploi est l’hôtellerie, avance la Communication and Recruitment Specialist de MyJob.mu. L’hôtellerie et le tourisme représentent un quart des offres disponibles sur le site de recrutement en ligne. «Le secteur des TIC, celui de la restauration et de la finance également proposent de nombreuses opportunités d’emploi en ce début d’année», ajoute Aurélie Marie.

Le secteur du Business Process Outsourcing (BPO) et plus globalement celui des services ont également le vent en poupe, avec 350 postes disponibles sur le site de recrutement. Quant aux postes les plus demandés chez MyJob.mu, l’on retrouve les Accounts Assistants, conseiller client, technicien informatique, Software Engineer, développeur Web, assistant administratif ou encore cuisinier et vendeurs, énumère notre interlocutrice.

Chez Castille, l’on souligne que le secteur des TIC recrute énormément de jeunes, qu’ils soient fraîchement diplômés ou expérimentés. Toutefois, «on fait toujours face à un manque de main-d’oeuvre qualifiée sur le marché local surtout au niveau des développeurs Java, FullStack, et autres consultants Python, ERP et SAP entre autres», souligne Salim Peer. D’ajouter que cette tendance ne concerne pas uniquement Maurice. «La tendance est mondiale aujourd’hui en termes de rareté », note-t-il. Plusieurs postes sont à pourvoir sur le site de Castille, notamment ceux de General Manager, de Head of Finance, CEO-Fintech, Senior Financial Accountant, Insurance Administrator ou encore Linux System Administrator et plusieurs postes dans la filière Software Development.

Les secteurs agricole et manufacturier reculent au profit des services

Le rapport de Statistics Mauritius sur l’emploi et le chômage au cours de la décennie 2007-2017 paru en mai 2018, est très révélateur de l’évolution économique du pays qui est passé du secteur agricole vers la manufacture avant de transiter vers les services. «Le secteur tertiaire (services) a pris au fil du temps une place importante du marché de l’emploi. De 2007 à 2017, le nombre d’emplois dans ce secteur est passé de 281 800 à 372 600, englobant ainsi 68 % du marché de l’emploi à ce jour», fait ressortir Statistics Mauritius dans son rapport.

Quid du secteur agricole et manufacturier ? L’emploi dans ces secteurs est en déclin depuis ces dernières années, au profit du secteur tertiaire. Comprenant 44 100 employés en 2007, le nombre de personnes travaillant dans le secteur agricole n’était plus que 38 800 en 2017, ce qui est le résultat du déclin du secteur agricole. Même tendance au niveau du secteur secondaire (manufacturier) avec une baisse de 23 200 emplois entre 2007 et 2017.

De l’autre côté, la main-d’oeuvre locale gravit les échelons, occupant des postes de plus en plus importants, comme ceux de législateurs, directeurs, hauts cadres et techniciens de haut calibre. Selon Statistics Mauritius, s’ils n’étaient que 15,7 % des employés à occuper ces postes en 2007, ce taux a grimpé à 23,9 % en 2017. Ces postes comprennent bien évidemment les plus fortes rémunérations, avec un salaire moyen de Rs 38 200 par mois, dépassant de très loin le salaire minimum…

Source – L’Express.mu

Kendall Tang veut changer l’image du textile « Made in Moris »

Face à une concurrence féroce, RT Knits mise sur l’innovation et invite les acteurs économiques locaux à changer de paradigme. Il s’agit de faire du « Made in and by Moris » un atout, en devenant une « force de proposition et de solutions, pas seulement d’exécution ».

« Au niveau de la production, nos concurrents sont le Bangladesh, l’Éthiopie et, plus près de nous, Madagascar, avec des coûts de main d’œuvre trois à quatre fois inférieurs aux nôtres. Mais pour le « retail », la distribution de produits et le marketing, nos compétiteurs sont l’Europe, les États-Unis avec des coûts trois à quatre fois supérieurs… Et là, ça change tout ! », lance avec conviction Kendall Tang, le Chief Executive Officer (CEO) de RT Knits.
Ce raisonnement qui paraît si simple, et même évident, est pourtant à Maurice un vrai changement. Il s’incarne dans Teamonite, une plate-forme électronique de commerce en ligne et l’un des premiers projets internationaux de manutailing (mot-valise formé de manufacturing (fabrication) et de retailing (vente au détail). On a du mal à imaginer que cette vraie « création destructive » – pour reprendre la théorie de Schumpeter – vienne du secteur textile, une industrie qui a permis le décollage de l’île. « Nous vivons sans la voir, mais c’est  une révolution », précise le quarantenaire (né en 1971). Mais il est vrai que son entreprise est habituée aux changements radicaux, née en 2005 de la fusion de deux groupes textile familiaux : Richfield Textile et Tang Knitwear créé dans les années 1970 par le père de Kendall.
« Outre Maurice, notre groupe avait des usines en Chine et en France. Notre père avait délocalisé en 1984 des services de Maurice vers l’Hexagone. Il avait racheté une usine du groupe Sac Frères pour améliorer la compétitivité et assurer un transfert de savoir-faire. Ces usines étaient notre terrain de jeu pour moi et ma jeune sœur, nous y passions nos vacances scolaires… »

Le choix de Maurice

À 13 ans, alors inscrit au collège Saint-Joseph, il s’envole avec sa sœur vers la Picardie. Ils y passeront leur adolescence. Bac en poche, il intègre l’école des Hautes études d’ingénieur (HEI) de Lille, prévenu de longue date qu’il aura à faire sa place tout seul. : « Notre père nous disait toujours qu’il ne nous léguerait pas l’entreprise ». Pourtant, en 1995, Kendall apprend de la bouche de son père, alors en Chine et très malade, qu’il reprendra les rênes. Venu pour des vacances, il n’aura pas l’occasion d’utiliser son billet retour. « Je suis resté un an en Chine, à superviser la construction d’une usine. Ce fut assez dur, je ne parlais pas encore le mandarin. » 
De 1995 à 1997, il multiplie les allers-retours Chine-Maurice (entretemps, le site français a été revendu). Mais alors que la Chine devient l’usine du monde, Kendall Tang choisit d’y fermer la sienne. « Je sais que ce choix a pu dérouter, mais j’appréciais peu la culture business là-bas », relève-t-il pudiquement… Un vrai challenge s’offre à lui  : « Le site mauricien n’avait que 200 salariés et le chiffre d’affaires stagnait à 40 millions de roupies (un million d’euros), ce n’est qu’en 2001 que l’entreprise est devenue rentable… »
En 2002, il fait la connaissance de Jean Li Wan Po, du groupe familial Richfield Textile. Ils décident de fusionner en 2005, lui prenant en charge la production et son associé le marketing. Et ça marche. L’entreprise va développer une véritable expertise, se présentant à ses clients comme une « force de proposition et de solutions, pas seulement d’exécution». Ce qui n’est pas si fréquent à Maurice. 

Révolution Internet

Aujourd’hui, l’usine a 2 000 employés dont la plupart des opérateurs sont étrangers ; les postes d’encadrement sont eux occupés par des Mauriciens. RT Knits produit ainsi neuf millions de pièces par an pour une vingtaine de clients prestigieux, dont la marque française Camaïeu, la sud-africaine Woolworths et même Adidas. Une petite partie de la production (exclusivement du tissu) est destinée aux acteurs locaux… « De 1995 à 1997, nous produisions des T-shirts très basiques. Aujourd’hui, nous avons des capacités de design et de développement. » L’entreprise a notamment réagi à l’arrivée de clients Internet comme Zalando, numéro un européen de la vente de prêt-à-porter en ligne, et son concurrent britannique ASOS. « Les commandes de clients traditionnels sont en général de 7 000 pièces. Les acteurs en ligne n’ont que deux ou trois entrepôts – leurs stocks sont donc bien plus optimisés – et leurs commandes peuvent n’être que de 500 unités, mais selon le succès des produits, elles peuvent se multiplier (très) rapidement ! »
Face à ce changement de paradigme, RT Knits a développé Teamonite. « Avec ce modèle, nous contrôlons l’intégralité de la chaîne d’approvisionnement, de la production au marketing, à la commercialisation et à la livraison directement aux consommateurs. Il s’agit de créer de la valeur, mais pas uniquement à partir de la production. »  Les deux associés invitent d’autres entreprises – « pas nécessairement du secteur textile » – à profiter de ce nouveau modèle qui offre une vitrine internationale à Maurice. 

Une usine « eco-friendly »

RT Knits est aussi un pionnier des énergies renouvelables. Il a conçu la première usine « eco-friendly » de Maurice, bien avant le programme Maurice île durable… « Avant 2000, les demandes principales des clients portaient sur notre capacité à produire en volume. Puis sont venues les exigences de qualité, de normes (ISO 9001), et enfin les normes sociales et environnementales. De nous-mêmes, en 2006, nous avons revu nos bâtiments pour tenir compte de ces impératifs. » Ainsi, des panneaux solaires thermiques tapissent la toiture de l’usine. L’énergie captée permet de préchauffer la chaudière.
D’immenses baies vitrées laissent entrer la lumière du jour dans la salle d’assemblage, donc pas besoin d’ampoules électriques pour l’éclairage pendant la journée. L’énergie éolienne est aussi mise à contribution. Le système de climatisation et de ventilation de l’usine est équipé d’aéro-refroidisseurs. En outre, l’entreprise a créé une serre hydroponique où des salariés produisent des légumes consommés à la cantine. Grâce à ces équipements, RT Knits est l’une des premières unités de confection textile de l’hémisphère Sud à avoir obtenu l’accréditation de commerce équitable  et durable. « C’est un argument de vente supplémentaire et qui a un fort impact sur les marchés européens et américains », assure, en riant, le patron de l’usine.Progression 
Les bons résultats sont là puisque le chiffre d’affaires de l’entreprise a plus que triplé depuis la fusion en 2005 tandis que ses bénéfices sont dans la moyenne haute du secteur. Cela est d’autant plus remarquable qu’elle fait face à une rude concurrence internationale 

Innovation
Outre Teamonite, qui se veut être une vraie « création destructive », RT Knits est aussi pionnier dans les énergies renouvelables.

Dynamisme à l’extérieur 
La production se fait à 100 % à Maurice et presque entièrement exportée. RT Knits produit neuf millions de pièces par an pour une vingtaine de clients prestigieux, dont Adidas .

Engagement citoyen
Outre ce qui relève de la responsabilité sociétale des entreprises, RT Knits sponsorise des jeunes en payant leurs frais de formation. Elle apporte également son support à l’association La Colombe, impliquée dans l’aide aux jeunes de Roche-Bois, un quartier défavorisé de Port-Louis.  

Source – Eco Austral

Implantation de l’enseigne française « La Foir’Fouille »

La Foir’Fouille, paradis de la décoration à prix discount, vient de s’implanter à Maurice dans le centre commercial « Grand Baie La Croisette » au nord de l’île.

C’est la première implantation hors d’Europe de cette chaîne de magasins française, fondée en 1975 par Louis Navarro, et spécialisée dans le maxidiscompte d’équipement pour la maison. Présente sur l’ensemble du territoire français, les DOM-TOM, Belgique, Espagne et Luxembourg, la Foir’Fouille sera dotée de trois magasins à l’Ile Maurice courant 2019 (les deux prochains emplacements n’ayant pas été encore identifiés).
Il aura fallu investir quelques 50 millions de roupies (environ 1,25 M€ NDLR) aux deux actionnaires : HV Holdings limited et LCV Investment, pour lancer cette franchise dans le pays et constituer un premier stock de qualité. C’est d’ailleurs ce qui fait l’originalité de l’enseigne mauricienne d’après les dirigeants : « la franchise nous permet de profiter des 13000 références de la Foir’Fouille, et nous avons pu ainsi ouvrir un magasin qui se distingue par la qualité des produits qui restent à un prix raisonnable. » En effet, malgré 30% de majorations dues aux taxes et frais d’approche par rapport à l’Europe, les actionnaires ont fait le choix de rogner sur leurs marges de façon à conserver des tarifs compétitifs. En outre, un intéressant système de remise à partir de 5 passages à la caisse devrait permettre de fidéliser cette nouvelle clientèle.
A Grand Baie 35 emplois ont été créés pour ce premier magasin. A terme une centaine d’employés devrait être embauchée dans le pays.

Source – Eco Austral

Renaud Azéma : Vatel fait école en Afrique

Renaud Azéma se donnait pour ambition de faire de Vatel Maurice l’équivalente des plus grandes écoles hôtelières. Dix ans plus tard, il a la satisfaction de voir qu’elle est aussi une solution de l’activité touristique à Maurice, dans la sous-région et maintenant en Afrique.

« Mon objectif était de créer une école qui soit au moins l’équivalente de Lausanne (une des plus anciennes écoles hôtelières au monde) et de Cornell (le Harvard du management hôtelier) ! », confie Renaud Azéma, clin d’œil en tendu. Le Chief Executive Officer (CEO) de Vatel Mauritius a le mérite de voir grand et de l’assumer. Mais il est vrai que dans son bureau, dont les grandes baies vitrées offrent un panorama à 180° sur le hall et lui donnent une impression de tour de contrôle, on peut lire cette citation du poète italien Gabriele d’Annunzio : « Memento audere semper » (souviens-toi de toujours faire preuve d’audace). Cette devise sonne comme un rappel pour les 342 étudiants venus de Maurice et de l’extérieur qui se côtoient sur le campus ultra-moderne de l’École internationale d’hôtellerie et de management Vatel. Créée à Paris en 1981, elle a été sacrée, en 2016, meilleure école hôtelière au monde aux Worldwide Hospitality Awards !
Difficile d’imaginer qu’à l’ouverture de l’école à Maurice, en 2009, ils n’étaient que… 15 étudiants à se presser dans une maison à Quatre-Bornes ! C’est en 2007 que Renaud Azéma achète la franchise Vatel. Il l’enregistre sous le nom de Trianon Hotel & Tourism Management Centre Ltd (THTMC). Il a déjà derrière lui une solide expérience dans le secteur. 

Un baroudeur

Titulaire d’une maîtrise de tourisme, c’est en Australie que ce Français débute comme chef de projet. Il s’envolera ensuite pour l’Algérie et l’Égypte. Il est au Sinaï quand éclate, en février 1991, la première guerre du Golfe. Surpris par les événements, il se fait rapatrier par une patrouille de l’ONU ! Après un tour du monde pour se remettre de ses émotions, il débarque au Tampon, à La Réunion. 
Sans le savoir, c’est le début d’une longue histoire avec nos îles…
En 1994, il est recruté par la Chambre de commerce et d’industrie où il met en place le label Réunion Qualité Tourisme, avant d’enseigner au  Centre de formation technique du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration (Centhor) de Saint-Gilles. En 1996, il intègre à Maurice la toute nouvelle École hôtelière Gaëtan Duval en y lançant différentes formations. En 2005, retour à La Réunion où il est nommé directeur du Centhor. Deux ans plus tard, il fait l’acquisition de la franchise Vatel avec l’objectif de proposer des formations hôtelières beaucoup plus polyvalentes, incluant gestion, finance, comptabilité, ressources humaines et même marketing.
« Notre offre n’a pas tout de suite été comprise par le secteur, qui y a vu de la concurrence plus qu’un apport complémentaire de formation.», s’amuse aujourd’hui le patron de l’école. Il doit défendre devant la Tertiary Education Commission (Commission pour l’enseignement supérieur) la solidité et l’originalité de son projet. Si l’autorisation est remise en décembre 2008, l’école n’ouvre qu’en mars 2009. Et depuis, Vatel effectue deux rentrées par an ! Une en avril, pour les étudiants mauriciens et africains qui ont obtenu leur HSC (équivalent du bac) et l’autre en septembre, pour les bacheliers. 
L’école atteint vite sa vitesse de croisière : « Les résultats de mes cinq premières années étaient au-dessus de mon business plan », tandis que le chiffre d’affaires est en constante augmentation (1,8 million d’euros en 2017). Il provient principalement des frais de scolarité, mais aussi des ventes effectuées à la cafétéria et des activités de consulting et de formation continue. « Je reverse 10 % de royalties sur mes frais de scolarité à Vatel Développement, une entité chargée de développer l’enseigne. » 

Des méthodes novatrices

Ce succès s’explique par des méthodes novatrices d’enseignement : comme ce « jeu des 7 familles avec les principaux hôtels de l’île », ou une « sorte de Monopoly qui évoque le parcours d’un étudiant de son intégration jusqu’à son diplôme », et même « une bande dessinée présentant notre école, qui devrait devenir un dessin animé ». Mais Renaud Azéma mise surtout sur la révolution de l’enseignement. « Je suis en train de lancer une formation en réalité virtuelle qui permet à l’apprenant de s’immerger à 360° en environnement professionnel avec des interactions. Mon objectif est de remplacer les livres ! Ces modules vidéo pourraient être mis à la disposition d’autres écoles. Cela nous a conduits à repenser notre cursus et à le découper en modules autonomes. »
Si l’école accueille aujourd’hui à Maurice 30 % d’étudiants étrangers de vingt nationalités différentes, Renaud Azéma a voulu, dès le début, en faire un pôle d’excellence et un hub régional. C’est ainsi qu’il a obtenu la master-franchise de Vatel pour l’Afrique de l’Est et australe anglophone. Une décision stratégique puisque selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, le tourisme est appelé à devenir un axe économique majeur. Il devrait croître de 5 % d’ici 2030 pour atteindre 150 millions de touristes. Or, il y a peu d’institutions formant sur place des managers. 

Faire de Maurice un pôle d’excellence régional 

Pour asseoir son déploiement, Renaud Azéma crée, en 2014, Trianon Business Development (TBD), en charge des sous-franchises. La même année, il ouvre à Tananarive la seconde école Vatel dans l’océan Indien, et en 2017 c’est au tour de La Réunion. Cap ensuite sur le Rwanda où l’école a accueilli, début 2018, ses premiers étudiants. À noter que 15 de ces 17 Vatéliens bénéficient du soutien financier de la fondation Mastercard qui a décidé d’injecter 50 millions de dollars. « Cette opération pilote d’une durée de cinq ans pourrait être dupliquée dans d’autres pays… »
Mais l’engrenage décisif pour le développement international de Vatel en Afrique est sans doute, en février 2018, la signature d’un « agrément » avec le prince Cedza Dlamini, CEO de l’Ubuntu Institute, pour l’ouverture d’une école Vatel à Johannesburg. Les frais de scolarité annuels sont variables selon les États. « Déclinés selon les réalités locales, ils sont de 3 000 euros à Madagascar, 6 500 euros à La Réunion et 7 000 dollars au Rwanda. TBD récupère 10 % de royalties sur les frais de scolarité et reverse 5 % à Vatel. » 
Bref, la volonté de ce père de trois jeunes femmes, dont une est devenue cheffe, « que Vatel ne soit plus uniquement une école mais une solution de l’activité touristique mauricienne, régionale et continentale » est bel et bien en train de prendre forme. PROGRESSION 
Vatel a rapidement largement dépassé son point mort. Son chiffre d’affaires en constante augmentation a atteint 75 millions de roupies (1,8 million  d’euros) en 2017. Une grosse part des bénéfices est réinjectée.

INNOVATION
Renaud Azéma a développé des outils originaux et des méthodes novatrices d’enseignement comme un jeu des 7 familles et une bande dessinée. Il va lancer des modules de formation en réalité virtuelle. 

DYNAMISME À L’EXTÉRIEUR 
Installée en 2009 à Maurice, Renaud Azéma a depuis exporté la marque Vatel à Madagascar, La Réunion, Rodrigues, au Rwanda et bientôt en Afrique du Sud. 

ENGAGEMENT CITOYEN
Les frais scolaires d’une trentaine d’étudiants mauriciens, dont 22 en première année, sont financés à 100 % par l’école. Ces 22 étudiants ont bénéficié du programme Lift (des bourses intégrales et complètes pour le Bachelor (Bac+3), lancé à l’occasion des 50 ans de l’indépendance de Maurice). Ce programme novateur intéresse le groupe international Marriott.   

Source – Eco Austral