Maurice perd du terrain en termes de productivité et de compétitivité

Maurice progresse, mais trop lentement pour combler l’écart avec ses concurrents régionaux. Le dernier rapport sur les «Productivity and Competitiveness Indicators» pour la période 2014-2024 alerte sur une faible croissance de la productivité multifactorielle. Plus que jamais, la diversification, l’innovation et la digitalisation sont indispensables pour préserver la compétitivité.

Le dernier rapport de Statistics Mauritius sur les Productivity and Competitiveness Indicators 2014-2024 dresse un constat clair : l’économie mauricienne progresse, mais trop lentement pour combler l’écart avec les économies les plus compétitives. La productivité multifactorielle), indicateur clé de l’efficacité globale, n’a crû que de 0,8 % par an sur la décennie.
«Ce chiffre traduit un manque d’efficacité structurelle qu’il faudra corriger rapidement», affirme Clensy Appavoo, le CEO & Senior Partner de HLB Mauritius. Pour lui, la réponse passe par une diversification vers des secteurs plus compétitifs, un renforcement de la gouvernance, une montée en gamme du capital humain et une accélération de la digitalisation. 

Cette modeste progression masque aussi une évolution préoccupante du rapport entre productivité et coûts. «Le salaire moyen a augmenté plus vite que la productivité du travail, ce qui exerce une pression directe sur la compétitivité», analyse Dr Vinaye Ancharaz, directeur général du National Productivity and Competitiveness Council (NPCC). Il rappelle que depuis l’introduction du salaire minimum en 2018, relevé à Rs 15 000 en 2024, le coût unitaire de la main-d’œuvre a bondi de près de 30 % en six ans, alors que la productivité n’a progressé que de 8 %. Pour lui, cette dynamique risque de fragiliser certains secteurs, notamment ceux exposés à la concurrence internationale.

Cette lente progression contraste avec la performance de certains concurrents régionaux, où les gains de productivité dépassent régulièrement les 2 % par an. L’écart est d’autant plus préoccupant que la productivité est l’un des moteurs principaux de la croissance à long terme, au même titre que l’investissement et l’innovation. «Nous ne pouvons pas nous contenter d’un rythme aussi faible si nous voulons préserver notre compétitivité», insiste Clensy Appavoo. Il souligne également l’urgence d’un sursaut collectif associant secteur privé, pouvoirs publics et partenaires sociaux.

Les données du rapport montrent que le ralentissement ne touche pas tous les secteurs de la même manière. Le secteur manufacturier, par exemple, tire son épingle du jeu, tandis que d’autres segments comme le textile affichent une baisse marquée de la productivité. Pour Olivier Ma, Partner – Transactions and Valuations chez PwC Mauritius, «cette disparité illustre le besoin d’une stratégie sectorielle différenciée, ciblant les freins spécifiques à chaque filière».

(c) BUSINESS MAGAZINE

Publications similaires